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L'opération anti-Batasuna se traduit par une radicalisation au Pays Basque Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Olivier Thibault, Agence France-Presse   
09-10-2007
Joseba Permach, porte-parole du parti indépendantiste basque, Batasuna.
Joseba Permach, porte-parole du parti indépendantiste basque, Batasuna, est emmené par la police espagnole suite à son arrestation et celle de 22 autres membres présumés. (Rafa Rivas/AFP/Getty Images)
MADRID – L'opération anti-Batasuna menée, la semaine dernière, par la police espagnole sur ordre du juge Garzon a entraîné une radicalisation dans les discours et les actes au sein de la gauche indépendantiste basque qui a dénoncé, le 6 octobre dernier, une «déclaration de guerre» de la part de Madrid.

L'opération policière du 4 octobre qui a conduit à l'interpellation de 23 militants, dont une partie de la direction de Batasuna, est «une déclaration de guerre en bonne et due forme», a lancé le principal dirigeant encore en liberté de Batasuna, Pernando Barrena.

La décapitation de la direction du parti indépendantiste radical, vitrine politique du groupe armé ETA, a été suivie d'une multiplication des actes de violence urbaine au Pays Basque (nord).

Le 6 octobre au matin, quatre personnes cagoulées ont mis le feu à un bureau de poste à Lezo (Pays Basque, nord) tandis que, non loin de là, à Pasai San Pedro, des inconnus ont lancé, dans la nuit, des cocktails molotov contre un bâtiment officiel.

Le soir du 5 octobre, un groupe de personnes cagoulées avait tenté de mettre le feu à un bus après avoir fait descendre le chauffeur et les passagers, à Markina (Pays Basque).

Les actes de guérilla urbaine (kale borroka en langue basque) attribués à des jeunes indépendantistes radicaux sont réguliers au Pays Basque. Leur recrudescence dénote cependant un regain de tension dans la région.

M. Barrena, qui avait convoqué une conférence de presse dans un hôtel de Saint-Sébastien, le 6 octobre, en dépit de l'interdiction qui frappe son parti, est apparu avec 80 autres dirigeants actuels ou passés du mouvement indépendantiste.

Il a dénoncé le «séquestre» des «23 militants de la gauche indépendantiste». Il s'agit d'une «déclaration de guerre en bonne et due forme» pour «fermer la porte à l'indépendantisme basque», a-t-il martelé.

Le responsable a appelé «tous les indépendantistes et démocrates» à «renouveler leur engagement» et à «poursuivre la lutte pour l'indépendance et le socialisme».

«La répression ne [nous] fera pas reculer dans la défense de ces objectifs» a encore averti le leader de Batasuna qui est un mouvement nationaliste d'inspiration marxiste-léniniste.

Au total, 23 militants indépendantistes, dont dix-neuf membres de la direction de Batasuna, parmi lesquels deux responsables basques français de Batasuna, ont été interpellés, le 4 octobre, en pleine «assemblée clandestine» sur ordre du juge Baltasar Garzon.

Batasuna est un mouvement interdit en Espagne. Il a été déclaré illégal en 2003 en raison de ses liens avec le groupe armé ETA et toutes ses activités sont, en principe, interdites.

Garzon a décidé de frapper la direction de Batasuna «pour éviter la réorganisation» de ce parti après la rupture de la trêve de l'ETA en juin 2007, a indiqué une source judiciaire.

D'après le haut magistrat, cette «réunion clandestine» était l'occasion d'une passation de pouvoir entre vieille garde et nouvelle génération au sein du mouvement.

D'après El Pais, journal proche du gouvernement socialiste, le ministère de l'Intérieur et la justice ont décidé d'augmenter la pression sur Batasuna pour «en finir avec le front politique de l'ETA».

Cette analyse fait écho à des propos récents du chef du gouvernement. «L'ETA n'a qu'une seule perspective qui est de déposer les armes», a déclaré le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, le 4 octobre dernier, en fermant la porte à toute discussion avec le groupe armé, après l'échec d'une tentative de dialogue en 2006.




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