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Connaissez-vous le «BNB» ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Hanna L. Szmytko, La Grande Époque   
08-10-2007

 

Le roi du Bhoutan Jigme Singye Wangchuk.
Le roi du Bhoutan Jigme Singye Wangchuk. (Prakash Singh/AFP)
En effet, c’est par souci de bâtir une économie qui servirait d’abord la sauvegarde de l’environnement et de la culture bouddhiste et spirituelle du Bhoutan, qu’il a décidé de ne pas adopter les célèbres mais trop consuméristes PIB (Produit Intérieur Brut) ou PNB (Produit National Brut). Une révolution dans la manière de penser le développement, dont les résultats sont déjà tangibles : en effet, comme le souligne la députée européenne écologiste Marie Anne Isler Beguin, «même si le revenu des ménages reste l’un des plus bas du monde, l’espérance de vie du Bhoutan a augmenté de 19 ans de 1984 à 1998, pour atteindre 66 ans. Depuis les chiffres ne cessent d’augmenter favorablement. Le respect des générations futures et le développement durable sont parmi les meilleurs du monde au Bhoutan et ce pays, qui est en train de se doter d’une Constitution et d’un gouvernement élu exige qu’au moins 60 % de ses terres demeurent des forêts, accueille un nombre limité de touristes et exporte de l’électricité hydraulique, en Inde notamment.»

Un indice alternatif...

L’indice du Bonheur National Brut repose sur quatre principes fondamentaux auxquels le gouvernement du Bhoutan attache une part égale : une croissance économique équitable, la promotion de la culture nationale, la sauvegarde de l'environnement et l’utilisation durable des ressources, et enfin une gouvernance responsable.


Le BNB apparaît ainsi comme un indice beaucoup plus large que le PIB ou le PNB, qui se limitent à la seule production marchande d’un pays, et plus global que l’IDH (Indice de Développement Humain), qui combine à parts égales l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le niveau de vie. Ces derniers sont en effet insuffisants pour mesurer le bonheur des habitants d'un pays : ainsi, le PIB intègre l’activité économique engendrée par toutes nos activités sans distinction, comme celle des ambulances, hôpitaux et pompes funèbres, générée par les accidents ou les catastrophes sans prendre en compte le malheur engendré ; tout comme il intègre les dépenses d’aménagement du territoire sans prendre en compte la perte de biodiversité ou la dégradation de l’environnement.

...qui commence à être pris au sérieux
Cet indice a longtemps fait sourire les économistes, mais suite à la prise de conscience des problèmes environnementaux et à l’apparition du concept du développement durable, le BNB commence à faire des émules. D’éminents économistes focalisent maintenant leurs recherches sur l’étude du bonheur : on peut citer Richard Layard, économiste et professeur à la London School of Economics, qui a publié en 2005 un ouvrage intitulé Bonheur : les leçons d’une nouvelle science, où il redéfinit le bonheur et adresse des recommandations aux hommes politiques. De même, Alan Krueger et Daniel Kahneman, tous deux professeurs à l’université américaine de Princeton et co-lauréats du prix Nobel d’économie 2002, travaillent à la création d’un indice pour mesurer le bonheur parallèlement au calcul du PIB par habitant, et au lancement d’une vaste enquête nationale sur le sujet.


Après une première conférence internationale consacrée au BNB tenue en juin 2005 en Nouvelle-Ecosse (Canada), la Thaïlande a décidé en 2007 de prendre le BNB en compte dans l’élaboration de son dixième plan quinquennal. Parallèlement, comme le rapporte le journal Le Monde du 27 septembre 2007, «l’UNESCO et la PNUE (Programme des Nations unies pour l’Environnement) se sont penchés sur l’impact de ce nouveau critère dans leurs programmes, et des économistes mandatés par l’OCDE se sont réunis en Turquie en juillet dernier pour prendre en compte cette notion de bien-être dans les instruments statistiques d’évaluation économique.»

Un modèle à suivre
À l’heure où les groupes de travail du Grenelle de l’Environnement viennent de remettre leur rapport au ministre Jean Louis Borloo et où s’entame le débat public, pourquoi ne pas adopter le BNB comme indice de référence du développement en France et en Europe, comme le propose Marie Anne Isler Beguin ?  
 





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