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Mobilisation montréalaise pour la Birmanie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Noé Chartier, La Grande Époque - Montréal   
09-10-2007
Des manifestants ont rappelé le rôle de la Chine en Birmanie
Des manifestants ont rappelé le rôle de la Chine en Birmanie et appelé au boycottage des Jeux olympiques de 2008. (Noé Chartier/La Grande Époque
Des manifestations pour condamner la répression en Birmanie avaient lieu partout dans le monde durant la fin de semaine. Montréal ne faisait pas exception. Environ une centaine de personnes ont répondu à l’appel d’une coalition d’organismes militant pour la démocratie et les droits de l’Homme dans ce pays d’Asie du Sud-Est. D’abord réunis à l’angle des rues Sherbrooke et McGill College, les participants ont ensuite défilé en silence dans le centre-ville jusqu’au carré Dorchester, sous une pluie automnale.

L’atmosphère de la marche avait ce mélange de tristesse et d’espoir. Certains des manifestants paraissaient en deuil, le regard plein d’incompréhension devant le meurtre de civils innocents. D’autres portaient des pancartes colorées lançant des Free Burma!, en honneur de ce que certains ont qualifié, probablement à tort, de «révolution» safran – de par la couleur des robes portées par les moines bouddhistes birmans – les manifestants avaient été invités à arborer le rouge.

Si les moines n’ont pas réussi leur révolution, ils ont certainement marqué la psyché des gens autour du monde. L’image du bonze associée à la Birmanie porte maintenant une connotation politique qui exhorte à l’action, car lorsqu’un régime militaire – dont la plupart de ses membres sont bouddhistes – finit par s’en prendre avec une force fatale aux figures religieuses habituellement hautement estimées, qu’est-ce qui peut calmer sa rage meurtrière?

Beaucoup de gens ont espéré ces dernières semaines, pour finalement être dégoûtés par cette violence. Mais Kathleen Hadekel, du Collectif de solidarité pour la Birmanie de l’Université McGill, croit qu’il y a certains signes positifs à noter dernièrement. «Au début, j’étais très excitée [de voir les manifestations en Birmanie] et j’avais beaucoup d’espoir, raconte-t-elle, mais lorsqu’il n’y a plus eu de gens dans les rues, j’étais pessimiste. Selon moi, il y a eu de petits petits signes positifs de possibilité de changement du côté de la communauté internationale et du type d’actions qu’elle considère. Aussi du côté du gouvernement birman, il semble y avoir plus de place pour le dialogue et la collaboration que jamais auparavant. Alors nous essayons de garder le momentum et de montrer que c’est quelque chose qui nous tient à cœur.»

Le groupe qu’elle représente a réussi un bon coup ces dernières années en convainquant le Conseil des gouverneurs de l’université de retirer progressivement ses fonds investis dans des compagnies qui font des affaires en Birmanie.

Yamin Ayi, Birmane d’origine, dans la vingtaine, était sur place pour protester. En raison du climat tendu, elle n’a pu entrer en contact ni avec sa famille ni avec ses amis, et même s’il y avait contact, il pourrait ne pas être authentique, estime-t-elle, car les appels sont souvent écoutés par les autorités. Elle croit, pour sa part, que le changement doit venir de l’intérieur. «Ce qu’on peut faire pour les appuyer [à l’étranger] a une limite. Mais quand ils seront prêts, et ils le sont, un changement va survenir.»

Benjamin Holzman, étudiant de McGill en sciences politiques, était en Birmanie l’année dernière. Il raconte qu’on ne pouvait pas vraiment y sentir la présence des militaires, qu’elle était vraiment subtile. Les gens étaient très hésitants à discuter de politique. Aurait-il pu prédire les récents événements? Non, répond-il. Mais il a bien pu constater les conditions de vie de la population : «La pauvreté était omniprésente, elle était partout. Les gens étaient généralement contents de leur vie. Je crois que l’influence du bouddhisme y est pour beaucoup.»

Pendant ce temps, la répression se poursuit en Birmanie. Radio Free Asia rapporte que des citoyens sont enlevés de leurs domiciles par les autorités durant la nuit et qu’ils sont emmenés vers des destinations inconnues.

La nouvelle la plus terrible est venue du quotidien anglais Daily Mail, qui rapportait la semaine dernière les propos d’un agent de renseignement birman ayant quitté ses fonctions, «ne pouvant participer aux massacres des moines». Depuis la Thaïlande, il a affirmé que des milliers de corps avaient été jetés dans la jungle. «Beaucoup plus de gens sont morts ces derniers jours que vous avez pu l’entendre. Les dépouilles se comptent dans les plusieurs milliers», a confié Hla Win. Ce fait n’a pu être encore corroboré, le pays imposant un blocus de l’information.

Nous savons, en revanche, que des milliers de moines ont été envoyés dans le nord du pays, où leur sort véritable est inconnu. La publication d’une photo de la dépouille d’un moine assassiné flottant dans un cours d’eau laisse présager le pire.




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