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La Russie a un nouveau maître espion |
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Écrit par Karim Talbi, Agence France-Presse
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11-10-2007 |
Mikhaïl Fradkov, ex-premier ministre russe, prend la tête du service d’espionnage extérieur, le SVR. (Sergei Subbotin/AFP/Getty Images) DOUCHANBE – Le président russe, Vladimir Poutine, a annoncé la nomination, le 6 octobre dernier, de son ancien premier ministre, Mikhaïl Fradkov, à la tête d'un important service du renseignement, dont le poids ne cesse d'augmenter depuis l'arrivée au Kremlin de l'ancien espion du KGB.
«En ce qui concerne la direction du service de renseignement extérieur [SVR, chargé de l'espionnage à l'étranger], c'est un homme que vous connaissez bien, Mikhaïl Fradkov, qui a été nommé», a déclaré M. Poutine à un groupe de journalistes, lors d'une visite au Tadjikistan.
Comme l'ensemble du renseignement, du FSB (ex-KGB) au renseignement militaire (GRU), le SVR est doté d'un budget en hausse, loin des restrictions financières des années 1990 après la chute de l'URSS.
Ces dernières années, le SVR, appelé 1er bureau du KGB à l'époque soviétique, a considérablement intensifié ses activités, au point que Washington déplore la présence renforcée d'espions russes sur son territoire.
Mikhaïl Fradkov, qui avait remis, le 12 septembre dernier, sa démission à Vladimir Poutine, y remplace le général Sergueï Lebedev, qui était à la tête du SVR depuis 2000.
M. Lebedev, en poste en Allemagne de l'Est en même temps que Vladimir Poutine du temps où ce dernier travaillait au KGB, avait dirigé l'antenne du SVR aux États-Unis après une longue carrière au KGB, au sein du 1er bureau.
M. Fradkov, 57 ans, est quant à lui considéré comme un «technocrate» discret et loyal au Kremlin, qui n'a jamais officiellement travaillé dans les services secrets.
En 1973, jeune ingénieur, il avait cependant été nommé conseiller économique de l'ambassade soviétique à Delhi, une promotion inimaginable en Union soviétique pour un jeune homme issu d'une famille simple, à moins d'être lié au KGB.
Malgré son passage en 2000-2001 au Conseil de sécurité, où il était le bras droit de Sergueï Ivanov, actuel premier vice-premier ministre, M. Fradkov n'est pas considéré comme un silovik, ces anciens des services secrets ou de l'armée nommés à des postes clés par M. Poutine depuis huit ans.
Ceux-ci sont bien représentés également dans des entreprises publiques jugées «stratégiques» comme le géant gazier Gazprom.
À quelques mois de la présidentielle de mars 2008 et de la fin de son deuxième et en principe dernier mandat, le président Poutine a annoncé la poursuite de ce mouvement.
Le prédécesseur de M. Fradkov à la tête du SVR, le général Lebedev, a ainsi été désigné, le 5 octobre dernier, secrétaire de la CEI, organisation qui réunit d'anciennes républiques soviétiques autour de la Russie.
Et M. Poutine a nommé, le 6 octobre, Grigori Rapota, 63 ans, un ancien du SVR lui aussi, comme son représentant spécial dans la région sud de la Russie, qui comprend le Caucase et, notamment, la Tchétchénie.
De 1994 à 1998, M. Rapota avait été vice-directeur du SVR, avant de travailler pour le complexe militaro-industriel, puis au Conseil de sécurité. Il succède à Dmitri Kozak, nommé récemment ministre du Développement régional, qui a plutôt une image de réformateur.
Pour fêter son 55e anniversaire, le 7 octobre, et en principe dernier en tant que président de la Russie, Vladimir Poutine a d'ailleurs invité au Kremlin des représentants de ces silovik, membres du Conseil de sécurité et état-major de l'armée, toujours plus présents dans la gestion du pays.
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