Accueil Humanitaire Avec un seul cas, «l'incendie peut repartir», prévient l'OMS |
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Avec un seul cas, «l'incendie peut repartir», prévient l'OMS |
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Écrit par Agence France-Presse
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10-10-2007 |
KINSHASA – Le nombre de cas suspects du virus Ébola recensés en République démocratique du Congo a diminué ces derniers jours, mais il suffit d'un cas pour que l'épidémie reprenne, a prévenu Dr Dominique Legros, épidémiologiste de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Au total, 25 cas de cette fièvre hémorragique hautement contagieuse ont été confirmés dans la zone de Kampungu, dans la province du Kasaï occidental (centre), où Dr Legros a travaillé pendant deux semaines avec les équipes internationales et nationales déployées sur le terrain.
Agence France-Presse (AFP : Les cas suspects diminuent et celui des décès également. Est-ce que l'on peut dire que l'épidémie est désormais sous contrôle?
Dr Dominique Legros (Dr D. L.) : D'après les derniers diagnostics établis par les laboratoires dans la zone, Ébola est limité autour de Kampungu. Mais nous avons encore un foyer de braises et l'incendie peut reprendre. On doit conserver le même niveau de vigilance qu'aujourd'hui. La fièvre Ébola est très contagieuse et un seul cas peut relancer l'épidémie. Tant qu'on n'aura pas eu une période de 21 jours (durée maximale de l'incubation) sans aucun nouveau cas, suivie d'une deuxième période de contrôle, on ne pourra pas déclarer la fin de l'épidémie.
Les sources majeures d'extension sont les cérémonies funéraires, où on lave le corps du défunt et les centres de santé. Dans les centres hospitaliers, la contamination du personnel soignant peut entraîner une nouvelle flambée, comme on l'a vu l'an dernier, en Angola avec la fièvre de Marburg (virus voisin d'Ébola).
AFP : Qu'est-ce qui est le plus difficile à gérer dans ce genre de crise?
Dr D. L. : Le fait qu'il y ait plusieurs pathologies en même temps. Il ne faut pas s'imaginer Ébola tel qu'il est décrit dans des films catastrophe, avec des gens qui saignent de partout. Une des difficultés, c’est que les premiers symptômes cliniques ne sont pas tellement différents de ceux d'autres maladies comme la (dysenterie) shigellose, le paludisme ou même la rougeole.
La présence sur place de laboratoires est très importante pour cela parce qu'on a un diagnostic rapide et qu'on peut rapidement isoler les cas d'Ébola des autres. Il y a aussi des problèmes logistiques importants liés au mauvais état des routes.
En revanche, ce qui est très positif, c'est la participation de la population. On a eu beaucoup d'épidémies dans le passé, où la population était hostile. Ce n'est pas du tout le cas ici. La dernière patiente testée positive à Ébola est une mère de famille qui allaitait son enfant. Dès qu'elle a eu les premiers symptômes, elle a laissé son enfant à une autre femme et s'est rendue elle-même au centre de santé. Elle a refusé qu'on la transporte pour éviter les contacts et elle a fait 10 km à pied.
AFP : Est-ce qu'on a une idée de l'origine de l'épidémie?
Dr D. L. : Quand les équipes (de l'OMS) sont arrivées (en septembre), on a repris les informations figurant sur les registres des dispensaires sur les cas de patients présentant des fièvres, diarrhées et autres, pour tenter de retracer l'historique de l'apparition de la maladie.
C'est un travail long. Il faut qu'on retourne dans les villages pour tenter de reconstruire les arbres de transmission, jusqu'à remonter au premier cas.
On pense que c'est un chef de village qui est allé chasser du singe dans la forêt et a rapporté la maladie dans la communauté. Mais on ne sait pas d'où le virus vient. Le singe peut être un vecteur, mais pas un réservoir car il meurt aussi de la maladie. Une des hypothèses, c’est qu'il vient de chauve-souris. Ce que nous savons, c'est qu'il s'agit de l'Ébola de type Zaïre, le même qui a déjà frappé le pays en 1976 et en 1995.
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