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Malgré la levée du couvre-feu, les habitants de Rangoun ont peur |
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Écrit par Agence France-Presse
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24-10-2007 |
Un moine bouddhiste prie dans la pagode Shwedagon, à Rangoun, le 21 octobre 2007. (Khin Maung Win /AFP/Getty Images) Birmanie
RANGOUN – Malgré la levée du couvre-feu instauré à la fin de septembre, les habitants de Rangoun ne cachent pas leur inquiétude, voire leur peur, face à un régime militaire qui a violemment réprimé les manifestations d'opposition et sur lequel la pression internationale s'accentue.
«J'aimerais retourner à la pagode Shwedagon, mais je n'ose pas, j'ai trop peur.» Comme beaucoup de Birmans, témoins ou victimes de la répression des manifestations de septembre, au cours de laquelle au moins treize personnes ont été tuées et 3000 arrêtées, cette femme de 55 ans préfère éviter la célèbre pagode, d'où sont partis les défilés de protestation à l'initiative des moines bouddhistes.
Pourtant, depuis le 20 octobre, le régime a quelque peu relâché la pression sur les habitants en levant le couvre-feu qui avait été instauré dans la nuit du 25 au 26 septembre. Initialement instauré de 21 h à 5 h (heure locale), le couvre-feu avait vu sa durée graduellement réduite à quatre heures, de 23 h à 3 h.
«Les gens sont très heureux de la levée du couvre-feu. Désormais, nous sommes libres», témoigne un homme d'une trentaine d'années, qui tient à conserver l'anonymat. «Mais beaucoup, moi y compris, continuent à s'inquiéter de la situation après ce qui s'est passé en septembre», ajoute-t-il.
La levée du couvre-feu intervient alors que la pression internationale s'intensifie sur le régime des généraux.
Le président George W. Bush a annoncé, le 19 octobre dernier, un durcissement des sanctions américaines contre la junte militaire et a appelé la Chine et l'Inde à renforcer leurs pressions sur leur partenaire birman.
Le département du Trésor américain a nommément désigné onze nouveaux dirigeants de la junte, en plus de ceux déjà visés par des textes existants, qui feront l'objet de sanctions, dont le généralissime Than Shwe, numéro 1 du régime.
À Rangoun, si la surveillance policière a été réduite autour de la pagode Shwedagon, plusieurs policiers en civil étaient pourtant encore visibles le 21 octobre.
«Mon fils est très heureux de la levée du couvre-feu, il peut sortir avec ses amis. Mais je reste inquiète, la situation n'est pas très sûre. Je lui demande donc de ne pas rester dehors très longtemps», témoigne cette mère de famille de 41 ans.
Habituellement très animées jusque tard le soir par les clients qui fréquentent les nombreux salons de thé, les rues de Rangoun se vidaient très tôt depuis l'instauration du couvre-feu au désespoir des commerçants.
«Les affaires ont été très mauvaises depuis l'instauration du couvre-feu, je devais baisser le rideau dès 21 h, et les clients se faisaient rares», confie le propriétaire d'un salon de thé, âgé d'une cinquantaine d'années.
«J'espère que les clients vont revenir et que la situation va revenir à la normale», ajoute-t-il. Outre cette mesure de couvre-feu, la junte avait coupé les liens Internet de la Birmanie pour tenter de freiner l'envoi vers l'étranger d'informations sur la répression, ce qui a suscité l'indignation dans une grande partie du monde.
Si l'accès à Internet a été rétabli récemment, les autorités continuent à interdire l'accès du pays à des médias étrangers comme la BBC, Voice of America ou des organes de presse dirigés par des opposants birmans en exil.
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