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Comment favoriser l’essor d’une «classe moyenne de musiciens»? Cette question, plusieurs ont tenté d’y répondre au 6e Sommet sur l’avenir de la musique (FMC) qui s’est déroulé pour la première fois à Montréal du 5 au 7 octobre 2006. Plus de cent conférenciers experts dans le domaine musical ont abordé des sujets aussi pertinents pour les musiciens que pour les gens de l’industrie et les audiophiles.
L’École de musique Schulich où se sont tenues toutes les conférences du 6e Sommet sur l’avenir de la musique. photo : Université McGill |
L’événement, qui pendant cinq ans se déroulait à Washington, DC, s’est tourné cette année vers des enjeux plus globaux à l’École de musique Schulich de l’Université McGill.
La majorité des participants était issue du milieu anglophone, dont David Byrne, ancien chanteur du groupe Talking Heads, Kent Nagano, directeur musical de l’OSM, et le légendaire producteur Bob Ezrin. Malgré la forte présence anglophone, plusieurs représentants de l’industrie musicale québécoise ont fait valoir leurs points de vue, sur des tables rondes traitant de «l’état de la nation» (le Canada) et de «la boutique québécoise – l’effervescente scène de la musique québécoise». Les participants francophones incluaient Daniel Turp, député du Parti québécois et porte-parole en matière de culture et de communications, Mathieu Cournoyer, du groupe Malajube, et Jean-Robert Bisaillon, fondateur de la SOPREF (Société pour la promotion de la relève musicale de l’espace francophone).
On a abordé en long et en large les nouvelles perspectives ainsi que les nouveaux défis de l’âge de la mondialisation pour les musiciens, l’industrie et les législateurs. Le thème central, comme à chaque année, était comment favoriser l’essor d’une «classe moyenne musicale».
«Les musiciens ne font généralement pas beaucoup de sous», explique le doyen de l’École de musique Schulich, Don McLean. «D’un côté, on voit des rock stars qui font des sommes faramineuses, et d’un autre, des artistes qui restent au niveau de la subsistance.»
Chez les organisateurs, on a cependant constaté un manque d’enthousiasme de la part du milieu artistique francophone. Le professeur McLean explique : «On s’attendait à une plus grande participation de ce côté-là.»
«Nous avons tendance à penser localement», lance-t-il, ajoutant que «le Québec doit préserver son caractère unique et le présenter dans une vision mondiale. Ce n’est même plus une question de langues.» En effet, la diversité est de plus en plus considérée comme un atout dans la nouvelle économie musicale.
Jérôme Agent, membre du groupe métal québécois Sweet Distortion, assistait à plusieurs des conférences. «Plus que le contenu, pour moi ce qui m’a attiré ce sont les personnes», explique-t-il. Il avait beaucoup de contacts à faire. Pour lui, les défis importants sont la transition de la musique vers les technologies digitales et la répartition de l’argent au profit des artistes.
Selon M. McLean : «Nous avons un système où les artistes ne se font pas payer pour leurs droits (d’auteur) […] et des maisons de disques qui font plus de profits sur moins d’artistes.»
D’après le musicologue et professeur, le monde de la musique classique «manque le bateau». Il ajoute que dans le passé, «les compagnies de disques étaient dédiées à la qualité du son. Ils faisaient beaucoup de profits sur la musique populaire et répartissaient tout cela vers la musique classique. […] Aujourd’hui, les fichiers audio professionnels ne sont pas valorisés comme dans le passé.»
Le format mp3, largement compressé et facile à partager sur des réseaux p2p1, n’est pas adéquat pour la musique symphonique qui comporte une amalgame de sons beaucoup trop complexes, et aucune solution digitale n’a été trouvée jusqu’à présent, conclut-il.
Le FMC s’est associé au festival de musique indépendante Pop Montréal qui se déroulait du 4 au 8 octobre. 1 Peer to peer (ou pair à pair), technologie d'échange de fichiers entre internautes, permettant à deux ordinateurs reliés à Internet de communiquer directement l'un avec l'autre sans passer par un serveur central. Source : Office québécois de la langue française.
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