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La science s'inspire des moules pour développer un adhésif quasi universel |
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Écrit par Agence France-Presse
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27-10-2007 |
En s'inspirant des moules, des scientifiques américains ont développé une supercolle qui tient sur 25 matériaux différents, allant du téflon à la cellulose, en passant par l'acrylique, du jamais vu. (sxc.hu) WASHINGTON – Des scientifiques américains ont mis au point une technique simple, bon marché, et très efficace pour faire adhérer quasiment tous les matériaux en s'inspirant des moules, selon une étude publiée le 18 octobre dernier.
Cette découverte pourrait avoir de vastes applications dans l'électronique, la marine, l'aéronautique ou encore la médecine pour faire adhérer, par exemple, des lentilles de contact et d'autres prothèses, souligne Phillip Messersmith, un ingénieur biomédical de l'Université Northwestern (Illinois) et principal auteur de ces travaux parus dans la revue Science datée du 19 octobre 2007.
Les essais en laboratoire ont montré que cette supercolle tient sur 25 matériaux différents, allant du téflon à la cellulose, en passant par l'acrylique, ce qui est sans pareil.
«Les techniques existantes visant à modifier les surfaces à coller sont limitées à des matériaux spécifiques, et ce qui marche bien sur le verre, par exemple, ne donne pas de bons résultats sur l'or», explique Philip Messersmith.
«Notre méthode est une approche beaucoup plus universelle qui marche bien sur différentes surfaces», poursuit-il, notant «ne pas avoir encore trouvé un matériau sur lequel cet adhésif ne fonctionne pas».
Cette technique a été développée en étudiant pendant plusieurs années le processus permettant aux moules de se coller avec une grande ténacité sur tous les matériaux organiques et inorganiques, explique ce chercheur.
Cette recherche a conduit l'équipe de scientifiques à sélectionner la dopamine, une petite molécule qui reproduit la structure moléculaire des protéines donnant aux moules cette capacité adhésive exceptionnelle.
Pour créer cet enduit adhésif, ces chercheurs ont dissous la dopamine dans de l'eau contenue dans un récipient resté ouvert. Ils ont ensuite ajusté l'acidité de l'eau (pH) pour qu'elle soit identique à celle de l'eau de mer avant d'y plonger un objet qui, après plusieurs heures, était recouvert d'un film fin de polydopamine adhésif.
Dans cette solution saline, la dopamine subit une réaction chimique résultant en la formation de ce film adhésif qui peut être combiné avec d'autres adhésifs selon l'application recherchée, précisent les chercheurs.
Parmi les applications potentielles, Phillip Messersmith a cité la possibilité de mettre un film adhésif antibactérien sur des instruments médicaux devant être implantés dans le corps, évitant ainsi des infections.
Les petits tubes métalliques insérés dans les artères bouchées pour les garder ouvertes ou les cathéters sont souvent des sources d'infection.
Cette technique pourrait aussi être utilisée pour recouvrir les coques des navires, les plateformes pétrolières et d'autres structures sous-marines afin d'empêcher que des micro-organismes ou des algues ne s'y développent, explique Phillip Messersmith.
Le film de polydopamine pourrait aussi être utilisé pour retirer de l'eau des contaminants métalliques comme le mercure, le plomb et le chrome, note-t-il.
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