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CITÉ DU VATICAN – Le pape Benoît XVI a reçu, le 13 octobre 2006, en audience privée au Vatican le Dalaï-lama, chef spirituel du bouddhisme tibétain, qui lui a notamment proposé d'organiser plus fréquemment des réunions interreligieuses. photo : Giulio Napolitano/AFP/Getty Images |
Cette rencontre, la première entre les deux représentants religieux depuis le début du pontificat de Benoît XVI, n'était pas inscrite à l'agenda officiel du souverain pontife et n'a donné lieu à aucun communiqué du Vatican. Le Dalaï-lama l'a décrite comme «une rencontre très, très agréable». «Je suis très heureux, car l'un de mes principaux engagements est de promouvoir l'harmonie religieuse», a-t-il commenté au cours d'une conférence de presse à Rome. «J'ai aussi exprimé l'espoir» que les rencontres interreligieuses d'Assise (centre de l'Italie), organisées depuis 1986 à l'initiative de Jean Paul II, «deviennent plus régulières», a-t-il ajouté. Benoît XVI est plutôt réservé face à de telles rencontres qui risquent, selon lui, de «prêter à des interprétations syncrétiques fondées sur une conception relativiste» des religions. Le Dalaï-lama a également indiqué avoir parlé avec le pape des rapports entre foi et raison, ajoutant que «leur union est le meilleur moyen pour aller vers la compréhension». Ce thème des rapports entre la foi et la raison avait été au centre du discours prononcé par Benoît XVI lors de son voyage en Allemagne, le 12 septembre dernier à l'université de Ratisbonne. Le pape avait alors cité des extraits de textes anciens très critiques vis-à-vis de l'islam, provoquant une violente polémique dans les pays à majorité musulmane. «Nous ne devrions pas considérer tous les musulmans comme des militants, cela est faux et injuste», a souligné le Dalaï-lama, sans revenir sur le discours de Ratisbonne. «Très souvent, on généralise le cas de personnes peu nombreuses qui agissent mal, mais cela existe dans toutes les religions. C'est une grosse erreur de généraliser», a-t-il ajouté. Le chef spirituel du bouddhisme tibétain, qui vit en exil depuis 1959, était arrivé le 12 octobre à Rome où il a été reçu à la Chambre des députés et au Sénat italiens. Tout en soulignant ne pas avoir parlé du Tibet avec Benoît XVI, il a rappelé devant les journalistes sa revendication d'une «autonomie digne de ce nom» pour la région. «Nous ne cherchons pas l'indépendance, le monde entier le sait», a-t-il martelé. Le Dalaï-lama a abandonné ses exigences initiales d'indépendance, mais les autorités chinoises l'accusent régulièrement de prôner le séparatisme et de poursuivre sa lutte pour l'indépendance. Depuis sa fuite de Chine après l'échec d'un soulèvement contre la présence chinoise à Lhassa, le Dalaï-lama a trouvé refuge à Dharamsala (nord de l'Inde), où siègent également le gouvernement et le Parlement tibétains en exil.
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