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L'Allemagne redoute les fonds d'États étrangers |
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Écrit par Agence France-Presse
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30-10-2007 |
BERLIN – Alors qu'ils se chamaillent sur pratiquement tous les autres sujets, sociaux-démocrates et conservateurs au pouvoir en Allemagne sont actuellement d'accord sur au moins un point : la nécessité de protéger l'industrie nationale contre les assauts étrangers.
La semaine dernière a vu la multiplication d'initiatives visant à barrer la route aux investisseurs trop gourmands, au point même que certains observateurs craignent que l'Allemagne ne verrouille son économie.
Le bureau du Parti chrétien-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel a adopté, le 22 octobre dernier, un projet visant à protéger des fonds étrangers les secteurs touchant à «la sécurité nationale» et aux «infrastructures stratégiques». Projet immédiatement applaudi par le SPD (Parti social-démocrate) comme allant dans la bonne direction.
Le lendemain, une information de presse faisait même état de réflexions de la chancelière sur la création d'un comité qui avaliserait les investissements étrangers, sur le modèle du comité américain CFIUS. La chancellerie n'a pas confirmé l'information.
Premiers visés par les mesures de précaution à l'étude, les fonds souverains, en provenance de Russie, de Chine ou des pays producteurs de pétrole, et soupçonnés de poursuivre «des motifs autres que la simple rentabilisation de [leur] investissement», par exemple «un transfert de technologie, ou des motifs stratégiques et politiques», explique le CDU dans son projet.
Ces fonds existent pour certains depuis longtemps, mais ce sont «les nouvelles bêtes noires de la mondialisation», relève Katharina Gnath, chercheuse à la société allemande de politique étrangère (DGAP).
À l'été déjà, Mme Merkel s'était émue des ambitions des fonds et avait annoncé que l'Allemagne planchait sur le moyen de mieux protéger ses industries-clés. Évoqués par les dirigeants européens à Lisbonne, puis à Washington dernièrement, ces fonds ont refait irruption dans le débat allemand à un moment où les partenaires de la coalition, divisés sur un certain nombre de sujets, ont cruellement besoin de terrains d'entente.
Une modification de la Loi sur l'économie extérieure allemande est en préparation et pourrait entrer en vigueur dès le début de 2008. Si elle retient les propositions du CDU, elle instaurerait un mécanisme d'autorisation de prises de participation de 25 % et plus dans les entreprises de certains secteurs stratégiques. Toute la question étant de savoir lesquels. Défense, télécommunications, énergie, transports, la liste des domaines sensibles se décline à l'envi.
Le 25 octobre, la commissaire européenne à la Concurrence, Neelie Kroes, de passage à Berlin, a déclaré «prendre au sérieux» les craintes des pays européens sur les fonds étatiques. Mais la Commission européenne, par la voix de José Manuel Barroso, avait déjà fait savoir qu'elle entrevoyait «des problèmes pour l'intégrité du marché intérieur» si les pays membres légiféraient chacun dans leur coin sur cette question.
C'est également l'avis de la fédération allemande de l'industrie, BDI, pour qui «une solution nationale nuit avant tout à l'Allemagne». «Elle susciterait des mesures semblables à l'étranger et une course au protectionnisme», relève le BDI dans une prise de position commune avec la fédération du secteur bancaire et celle des assurances.
Pour Mme Gnath de la DGAP, «un verrouillage de l'économie allemande ne devrait pas servir des motifs industriels et politiques», et il y a «des instruments de protection plus efficaces» qu'un blocus national. Par exemple, des régulations européennes.
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