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L’article de la chroniqueuse du Globe and mail, Jan Wong, du 16 septembre dernier, intitulé Get under the desk, sur les causes des événements de Dawson, témoigne d’une grande incompréhension culturelle. Mme Wong préfère cracher ses frustrations personnelles sur le papier du «journal national» canadien plutôt que d’analyser rationnellement la situation. Pour ne pas répéter la même erreur que la journaliste d’origine chinoise, il faut s’intéresser à certains facteurs culturels qui pourraient expliquer sa réaction. L’éditorialiste en chef de La Presse, André Pratt, dans son article publié dans le Globe du 20 septembre, a bien démenti le point de vue inconsidéré de Wong. Celle-ci laissait entendre que les crimes de Marc Lépine à la Polytechnique en 1989, de Valery Fabrikant à Concordia en 1992 et de Kimveer Gill à Dawson en 2006 résultaient de la «marginalisation» des non-francophones dans un Québec préconisant les «pure laine». L’éditorialiste rappelle que Lépine en avait contre les femmes et que Fabrikant et Gill s’en sont pris à des anglophones et non à des Québécois «pure laine». Parallèle avec un autre cas, celui de la collaboratrice du National Post, Barbara Kay, qui accusait récemment les Québécois de soutenir les terroristes arabes dans le conflit au Liban. Rappelons que Mme Kay est juive et très impliquée dans sa communauté. Dans le passé, elle a représenté le Canadian Jewish Congress et a été présidente du Jewish Book Month, etc. En ce qui concerne Wong, mentionnons comme le rappelle Mathieu Perrault dans La Presse du 21 septembre, que la journaliste, née en 1953 à Montréal, a fait ses études universitaires en Chine en plein milieu de la Révolution culturelle des années 70. «Dans son livre Red China Blues, Jan Wong a admis avoir dénoncé une camarade de dortoir qui avait exprimé des doutes sur le maoïsme», peut-on lire. Ce geste n’était pas anodin considérant que toute personne dénoncée risquait l’emprisonnement, la torture et la mort à cette époque. Erreur de jeunesse? On est loin de Jean-Louis Roux et de son déguisement de nazi. Par ailleurs, la grande majorité des médias mandarins outre-mer véhiculent la position de Beijing, ou du moins, n’ose pas s’y opposer. Considérant ces éléments, la chroniqueuse du Globe, qui soutient toujours son point de vue quant au «ségrégationnisme» des «pures laines», a certainement pu être influencée par la «culture» du parti unique. Mentionnons que Beijing éradique toute forme de contestation liée à la division de son territoire. Nous n’avons qu’à penser au Tibet qui réclame le retour à l’indépendance depuis son occupation par le régime de Mao, à l’île de Taïwan sur laquelle sont braqués des missiles prêts à décoller advenant un référendum, au Xinxiang, à Hongkong, à Macao, etc. Il est clair qu’une majorité de Chinois face à des mouvements indépendantistes éprouve une certaine répulsion puisqu’on leur a appris à réagir de la sorte afin de préserver la «stabilité» du régime communiste. Pour ridiculiser la loi 101 et les efforts de protection de la langue, Mme Wong lance : «La préservation de la culture, c’est bon pour les musées.» Cette déclaration est très similaire à la philosophie communiste qui a comme objectif de détruire la culture traditionnelle chinoise pour construire un «nouveau monde». Mme Wong oublie que si on ne tient pas compte de nos origines, on ne va nulle part et que, même en dehors de tout débat référendaire, le principal véhicule de l’histoire est la langue. Il semble que l’intolérance dans ce cas-ci n’est pas issue du nationalisme québécois, mais d’idéaux qui ont fait en Europe de l’Est et en Asie beaucoup plus de ravages que les événements tragiques d’octobre 70.
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