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Page 2 sur 2 M. Rowe, qui produit l’émission Angry Planet sur le Outdoor Life Network, mentionne que Beyond the Red Wall a été réalisé en trois ans. Il fait l’éloge de Radio-Canada d’avoir décidé de parler d’un sujet si controversé, particulièrement si l’on considère que le réseau a les droits de diffusion canadiens pour les Jeux olympiques de Pékin en 2008.
«Le fait qu’ils aient la volonté de présenter un film dans lequel des gens demandent un boycott des Olympiques pour lesquels ils seront le diffuseur au Canada est remarquable», estime M. Rowe.
M. Rowe se réfère à un segment de son film qui documente les prélèvements d’organes sur des pratiquants de Falun Gong pour fournir le marché très lucratif des transplantations, une pratique autorisée par l’État chinois.
Certains, qui sont inquiets des prélèvements d’organes, se demandent si Pékin devrait avoir le droit de recevoir les Jeux. Dans le documentaire, Clive Ansley, un avocat canadien qui a pratiqué le droit en Chine, compare Pékin 2008 aux Olympiques de 1936 dans l’Allemagne nazie, qui ont servi à glorifier et légitimer le régime d’Adolf Hitler.
L’ex-député fédéral David Kilgour est coauteur de Prélèvements meurtriers, un rapport sur le vol des organes des pratiquants de Falun Gong. Dans Beyond the Red Wall, il discute de son enquête et de quelle manière les fournisseurs d’organes admettaient librement dans des conversations téléphoniques qu’ils avaient des «sources Falun Gong» prêtes immédiatement à fournir des organes.
Le temps moyen d’attente pour une transplantation de rein apparaît silencieusement à l’écran, les données parlent d’elles-mêmes : Canada : 2555 jours; Royaume-Uni : 1095 jours; États-Unis : 1825 jours; Chine : 15 jours.
Beyond the Red Wall relate comment les pratiquants partout dans le monde sont devenus une voix pour leurs pairs en Chine, faisant pression auprès des politiciens et dénonçant la persécution, leur seul but étant en quelque sorte d’y mettre fin.
Zheng Weidong, de l’ambassade de Chine au Canada, nie dans le documentaire que les pratiquants sont torturés. Il déclare catégoriquement qu’en Chine, le Falun Gong s’est «effondré».
Telle est la nouvelle ligne du parti. En Chine, les médias d’État sont passés de constamment vilipender le Falun Gong à ne plus en parler, comme si le groupe n’existait plus.
Mais derrière cette façade, les rapports démontrent que le Falun Gong perdure en Chine, tout comme la persécution, qui est toujours aussi sévère. Le deux tiers des allégations de torture en Chine sont des cas reliés au Falun Gong, selon le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Nowak. Les groupes de défense des droits de l’Homme ont documenté plus de 3000 cas de pratiquants de Falun Gong tués par la torture en Chine.
Loin d’avoir été éliminé, le Falun Gong continue même de croître silencieusement dans les régions rurales et les petites villes, selon Guo Guoting, un avocat chinois exilé ayant défendu les pratiquants en Chine avant que les autorités ne ferment son cabinet. Il a fui au Canada en 2005.
«Selon ma compréhension, le Falun Gong n’est pas seulement une pratique pour la santé physique; il s’agit en fait d’un type de croyance, d’une foi, et personne ne peut détruire la croyance personnelle», explique M. Guo. «C’est pourquoi c’est impossible pour le régime communiste de détruire le Falun Gong.»
Ian Johnson, qui a remporté le prix Pulitzer pour une série de reportages sur le Falun Gong, souligne dans le documentaire que la persécution «demeure une des cicatrices sur le corps politique de la Chine» et le temps est venu pour le régime d’«admettre et d’en finir avec cela et dire qu’il y a eu une terrible répression et que ces gens ont été systématiquement persécutés.»
«Pour que la Chine puisse aller de l’avant, il doit y avoir ce genre d’honnêteté.»
Comme l’affirme Kilgour, «la tuerie doit cesser».
Beyond the Red Wall est diffusé sur CBC Newsworld le mardi 6 novembre à 22 h et en reprise le samedi 10 novembre à 23 h.
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