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La crise politique en Belgique atteint une durée record Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Philippe Siuberski, Agence France-Presse   
06-11-2007
Un groupe de citoyens belges plaident en faveur de l’unité de leur pays
Un groupe de citoyens belges plaident en faveur de l’unité de leur pays en proie à de vives tensions identitaires (John Thys/AFP/Getty Images)
BRUXELLES – La Belgique, plus tiraillée que jamais par la querelle communautaire entre Flamands et francophones, a battu le 6 novembre le record de la crise politique la plus longue de son histoire avec un gouvernement toujours introuvable près de cinq mois après les élections.

Le précédent record de durée pour la formation d'un gouvernement dans le pays, 148 jours en 1988, a été dépassé d'un jour le 6 novembre. Aucun accord global n'est vraiment envisagé par les partis avant le 15 novembre prochain.

Alors que les élections législatives remontent au 10 juin 2007, le gouvernement sortant du libéral flamand Guy Verhofstadt en est donc toujours à gérer les «affaires courantes».

Le chef des chrétiens-démocrates flamands Yves Leterme, candidat au poste de premier ministre, n'a pu engranger jusqu'ici que des accords sur des sujets relativement indolores avec ses partenaires désignés libéraux et chrétiens-démocrates, tant néerlandophones que francophones : justice, politique étrangère ou emploi.

La semaine qui s'ouvre doit donner le coup d'envoi de discussions autrement plus délicates, avec les questions budgétaires, mais surtout «communautaires» où se cristallisent les tensions. Ce sont celles ayant trait aux relations entre Flamands et francophones.

Depuis la rentrée, les francophones, qui soupçonnent les Flamands de vouloir l'éclatement du pays, sont de plus en plus nombreux à accrocher à leurs fenêtres ou balcons des drapeaux belges. Les Flamands, dans leur majorité, disent vouloir seulement plus d'autonomie, mais les plus extrémistes d'entre eux ont manifesté à plusieurs reprises contre l'«arrogance» francophone.

Yves Leterme, qui avait buté une première fois en août dernier sur ces problèmes, se trouve de nouveau au pied du mur.

«Le communautaire n'est pas le point le plus important du programme [du gouvernement], mais c'est la pierre sur laquelle on bute», a-t-il indiqué le 2 novembre dans une entrevue. «Il est temps maintenant de prendre des décisions, d'accepter des compromis», a-t-il ajouté.

Lors des élections de juin, la Flandre avait plébiscité les partis réclamant une vaste réforme de l'État, afin que la riche région néerlandophone puisse gérer à sa guise son économie. À l'opposé, les élus francophones défendent un État fédéral fort, garantissant la «solidarité» entre les Flamands et les francophones.

Selon le politologue Vincent de Coorebyter, les partis flamands «ont maintenant compris» qu'ils n'ont pas la majorité suffisante pour déplacer le centre de gravité du pouvoir vers les régions.

Pour ne pas perdre la face, à deux ans des élections régionales, ils entendent remporter une victoire au moins symbolique sur un autre grand sujet de friction linguistique entre les deux communautés : la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, dit «BHV».

Cette particularité du système électoral permet actuellement aux quelque 120 000 francophones vivant dans la périphérie flamande de Bruxelles de voter pour des listes francophones aux élections législatives et de saisir les tribunaux en français.

L'existence d'un arrondissement bilingue est jugée inacceptable par les Flamands, qui défendent le «caractère néerlandophone» de la Flandre. C'est au contraire un droit chèrement acquis, estiment les francophones.

Les partis flamands exigent une solution rapide et menacent d'user de leur majorité au Parlement pour scinder «BHV» si les francophones campent sur leurs positions.

Toutefois, pour Vincent de Coorbyter, un compromis reste possible, la majorité des Flamands «ne voulant pas la fin de la Belgique». Cela «ne signifierait pas un rapprochement des points de vue, mais simplement que la hache de guerre serait enterrée», ajoute-t-il.




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