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Les sociétés se replient sur elles-mêmes |
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Écrit par Noé Chartier, La Grande Époque – Montréal
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09-11-2007 |
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Des néonazis russes font le salut hitlérien durant une manifestation le 4 novembre 2007, à Moscou, à l’occasion de la Journée de l’unité du peuple, instaurée par le Kremlin pour promouvoir le nationalisme. (Natalia Kolesnikova/AFP) Débat identitaire au Québec, racisme politique en Suisse, néonazisme en Russie…
Si vous croyez que les médias québécois ont sauté à cœur joie dans le buffet de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, soulevant toutes les énormités qui peuvent y être prononcées, les médias anglophones du pays n’y vont pas du tout de main morte et profitent également des excès pour porter un jugement sévère sur le débat présentement en cours au Québec, cachant mal leur malaise devant le spectacle «déraisonnable». Un éditorial dans le Toronto Star du 3 novembre dernier qualifie le débat de «toxique».
La Commission était-elle une erreur stratégique du premier ministre Charest, désirant montrer qu’il était à l’écoute de la population et qu’il ne se laisserait pas damer le pion par Mario Dumont, sur les questions d’intégration et d’immigration? Certains ont comparé la Commission à l’ouverture d’une Boîte de Pandore, où toutes sortes de choses néfastes sont lâchées dans l’atmosphère sociétale. Le projet sur l’identité québécoise de Pauline Marois est arrivé à un moment où les voix conservatrices avaient finalement une grande tribune publique pour se faire entendre.
Avant de se laisser trop emporter sur des avenues partisanes, il semble actuellement essentiel pour les Québécois de prendre un peu de recul par rapport aux événements qui se déroulent dans leur propre maison afin de regarder un peu ce qui se passe dans la cour du voisin ou du cousin. En effet, il est essentiel de comprendre que nous sommes loin d’être un cas isolé dans cette affaire. Le Québec est-il un cas unique en raison de sa langue, de son histoire et de sa culture? En réalité, pratiquement tous les pays occidentaux sont en ce moment confrontés à des questions épineuses d’immigration, et certains d’entre eux les gèrent d’une manière qui peut nous faire apprécier notre présent débat de société.
Le nazisme renaît en Russie Devrait-on être surpris de voir qu’un pays ayant grandement contribué à combattre l’Allemagne nazie soit maintenant un foyer du néonazisme? Non. Historiquement, les pogroms juifs y remontent au 19e siècle et sous le communisme, théoriquement une doctrine «internationaliste», Staline incluait les Juifs dans ses purges.
Donc à nos jours, le poison antisémite coule toujours dans les veines de la grande Russie et les envolées xénophobes sont de plus en plus fréquentes.
Le 4 novembre dernier à Moscou, plus de 2000 manifestants, selon l’AFP et 5000 selon AP, ont marché dans le cadre de la Journée de l’unité du peuple. Des participants y faisaient des saluts hitlériens et scandaient des slogans racistes. AP a rapporté qu’un Texan au chapeau de cow-boy, partisan de la suprématie blanche, s’est adressé à la foule dans ces termes : «Je lève mon chapeau en signe de respect pour la force de votre identité, de votre ethnicité, de votre nation et de votre race […] Gloire à la Russie.» La foule aurait répondu par le sieg heil et des cris de «White Power!».
Outre ces manifestations, les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent les meurtres et les attaques contre les immigrants et les minorités. Selon l’ONG russe Sova, de janvier à novembre 2007, 270 attaques à connotation raciste ont eu lieu, causant la mort de 53 personnes. On déplore l’absence de volonté politique des autorités pour freiner cette violente xénophobie.
En fait, le nationalisme est fortement encouragé par le Kremlin, lui, qui met tous ses efforts à reconstruire l’empire russe et à retrouver une place forte sur la scène internationale.
La Suisse raciste au pouvoir Les images de la campagne électorale en Suisse ont fait le tour du monde. Ce n’est toutefois pas le visage du candidat vainqueur que nous avons vu, la plupart d’entre nous ne connaissent peut-être même pas son nom. Ce sont plutôt ses affiches, à forte teneur xénophobe, qui ont choqué jusqu’à l’ONU. Le parti de Christoph Blocher, l'Union démocratique du centre (UDC), a remporté les élections en menant une campagne anti-étrangers et anti-Europe. Sa célèbre affiche montrait un mouton noir se faisant expulser d’une zone par des moutons blancs.
L’application de politiques allant dans ce sens sera plus difficile, étant donné la nature du système suisse, mais on comprend qu’elles auraient une base d’appui solide chez la population. C’est en ce sens que l’UDC souhaite faire voter les Suisses sur l’expulsion des criminels étrangers et même de leurs familles. Pendant ce temps, l’argent de tous les grands criminels et dictateurs de la planète dort ou fructifie dans les coffres-forts des grandes banques du pays.
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