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Page 2 sur 2 Dans la francophonie Le réflexe québécois n’est donc pas du tout un oiseau rare. Chez nos cousins français, les problèmes d’intégration s’étaient exprimés dans le feu des banlieues en 2005. L’actuel président français, Nicolas Sarkozy, était ministre de l’Intérieur et avait mis de l’huile sur le feu en traitant les jeunes de «racaille». Jean-Marie Le Pen et son Front national, aux tendances nettement fascistes, score plus de 10 % aux présidentielles depuis près de vingt ans.
Et en Belgique, une crise politique paralyse le gouvernement depuis plusieurs mois en raison des tensions entre Flamands et francophones.
Nombreux facteurs De nombreux facteurs alimentent les différentes crises avec lesquelles l’Occident est aux prises. Les politiciens semblent être les seuls gagnants dans l’exploitation des tensions et l’absence d’explication de la dynamique sociale. Mais tout cela n’est vraiment pas sorcier. Nous sommes aux prises avec un vieillissement croissant de la population et une faible natalité, ce qui empêche nécessairement un renouvellement. Du moment où l’on accepte cette réalité indéniable, l’immigration est la solution la plus évidente et la plus rapide pour garantir le fonctionnement de la société.
L’autre solution, qui doit s’opérer sur plusieurs années, est un revirement des comportements, ce qui est perçu comme un retour en arrière. Le cardinal Marc Ouellet s’est fait crucifier sur la place publique pour avoir exposé sa conception à la Commission Bouchard-Taylor. En effet, se faire dire par un membre du clergé qu’il faut faire plus d’enfants et qu’une grossesse sur trois des femmes québécoises qui se termine en avortement est inacceptable, c’est trop pour les Québécois qui vivent avec le sentiment d’oppression causé par des siècles de dominance catholique abusive.
La disparition du religieux typiquement québécois est confrontée à la religiosité venue d’ailleurs et l’utilisation de cette dernière comme outil d’oppression ou comme couvert pour commettre des actes violents ne fait qu’accentuer le sentiment de méfiance.
Tout le monde doit mettre de l’ordre dans ses idées. Mario Dumont croit que le Québec a son quota d’immigrants et qu’il échoue à les intégrer? Il doit alors dire ouvertement aux Québécois, comme le cardinal Ouellet, qu’ils doivent faire plus d’enfants, sinon il y aura un vide démographique. Mais dans la logique du désengagement de l’État et dans la société ultra-compétitive, qui se permet ou rêve d’une famille nombreuse?
Avons-nous une sagesse en tant que nation québécoise? Si oui, dépêchons-nous de la mettre au grand jour et de l’appliquer avant d’être pris dans la tempête. Nous voyons que partout dans le monde les dérapages coûtent des vies. Beaucoup de migrants qui fuient leur pays ruiné – souvent un résultat de politiques imposées d’ailleurs – perdent leur vie en tentant de rejoindre l’autre rive et, lorsqu’ils réussissent, leur humanité est ignorée. Alors qu’une politique de porte ouverte totale est inconcevable, prendre un chemin totalement opposé annonce une instabilité déchirante.
La puissance d’une culture et la grandeur d’une civilisation se mesurent par leur force souple d’intégration, non par des réflexes brusques d’autoprotection ou des activités conquérantes.
Les tendances au repli sur soi ne sont pas qu’un «fait québécois». Vaut mieux parler ouvertement et débattre que de créer des crises politiques et voir se développer, dans la noirceur, des courants de pensée ayant mené – il n’y a pas si longtemps – à la destruction de l’humanité.
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