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Deux avions Eurofighter Typhoons en vol de démonstration. (Christopher Furlong/Getty Images)
Le roi d’Arabie Saoudite était à Londres le 30 octobre pour une durée de trois jours, à l’invitation de la Reine Elizabeth II. C’est sa première visite officielle dans le royaume britannique depuis son accession au trône en 2005.
Cette visite se fait dans le contexte légèrement trouble d’un scandale de corruption en toile de fond de la vente pour 9 milliards de dollars, annoncée le 11 septembre, de 72 avions de combat Eurofighter.
Ce contrat avait fait l’objet en décembre 2005 d’un mémorandum d’entente pour «la modernisation des forces armées saoudiennes, dans le cadre des étroites relations de défense qui lient les deux pays». Il comporte aussi bien la livraison d’armements BAE Systems qu’un service après-vente sous forme de «transfert de technologie, investissements dans l’industrie militaire en Arabie saoudite et formation de Saoudiens dans le domaine de l’aviation».
L’Arabie Saoudite et la Grande-Bretagne entretiennent des relations militaires depuis les années 60 ; Ryad et BAE Systems ont en particulier signé en 1985 un contrat d’armement historique, dit «accord Al Yamamah», portant sur plus de 50 milliards d’euros.
Ce qui pollue passablement la visite du roi Abdallah dans un contexte de signature de contrat d’armement, c’est que le bureau des fraudes anglais a lancé une enquête en 2006 sur « l’accord Al Yamamah », du fait de soupçon de corruption. Le gouvernement britannique aurait placé l’enquête au placard fin 2006 sous le prétexte de protéger les relations avec le royaume saoudien dans un contexte de coopération dans la lutte contre le terrorisme.
Malgré cela, en juin cette année, le département de la Justice américain a lui-même lancé une investigation visant à déterminer si BAE Systems, le plus gros fabricant d’armes européen, a ou non violé les lois anticorruption lors des négociations de «l’accord Al Yamamah».
Le quotidien britannique le Guardian croit savoir que BAE Systems a transféré des sommes dépassant 1,5 milliard d’euros sur des comptes en banque contrôlés par le prince Bandar bin Sultan, alors ambassadeur d’Arabie Saoudite à Washington – soit une corruption directe de la famille royale saoudienne.
Des sources proches des négociations de 1985 ont dit à l’agence de presse Reuters que le nouvel accord qui sera annoncé lors de la visite du roi Abdullah à Londres est différent en ce que les paiements seront faits par transferts de fonds en provenance du ministère de la Défense saoudien plutôt qu’en pétrole comme cela avait été le cas en 1985.
L’Arabie Saoudite, qui entretient d’étroites relations avec la Grande-Bretagne, est l’un des principaux clients de l’industrie d’armement britannique. Elle vient également de s’engager sur un contrat de 20 milliards de dollars avec les Etats-Unis.
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