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Benazir Bhutto déclare la «guerre à la dictature» Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Agence France-Presse   
13-11-2007
L’ex-première ministre du Pakistan, Benazir Bhutto.
L’ex-première ministre du Pakistan, Benazir Bhutto, lors d’une manifestation de journalistes, le 10 novembre dernier, à Islamabad. (Aamir Qureshi/AFP/Getty Images)
ISLAMABAD – L'ex-première ministre du Pakistan, Benazir Bhutto, a déclaré, le 10 novembre dernier, la «guerre à la dictature», au lendemain d'une brève assignation à résidence, maintenant ainsi la pression sur le pouvoir du président Pervez Musharraf qui a promis de lever l'état d'urgence dans un mois.

«Le Pakistan, un pays qui dispose de l'arme nucléaire, risque l'implosion. Le Pakistan en régime de dictature est une cocotte-minute. Sans échappatoire, la passion de notre peuple pour la liberté pourrait exploser», a expliqué Mme Bhutto à des diplomates étrangers, en leur demandant leur appui contre l'état d'urgence décrété il y a une semaine par le général Musharraf.

À Washington, le président américain, George W. Bush, a demandé au général Musharraf de lever l'état d'urgence et de restaurer l'État de droit «aussi vite que possible».

«L'état d'urgence sera vraisemblablement levé dans un mois», a affirmé l'avocat principal du gouvernement, le procureur général Malik Mohammad Qayyum.

La plus importante télévision privée du pays, Geo Television, a annoncé une plainte contre les restrictions imposées aux médias depuis la proclamation de l'état d'urgence. Sous ce régime, les médias n'ont pas le droit de publier des informations «diffamant» le président Musharraf.

Trois journalistes du quotidien britannique Daily Telegraph ont été sommés, le 10 novembre, de quitter le Pakistan dans les trois jours pour avoir écrit «des propos grossiers et injurieux» à l'égard du pouvoir, selon un porte-parole gouvernemental.

Auparavant, Mme Bhutto avait fait une irruption très médiatisée dans une manifestation de journalistes pour la liberté de la presse, lors de sa première sortie depuis la levée, dans la nuit, d'une interdiction de quitter sa résidence d'Islamabad. Au moyen d'un mégaphone, elle avait promis de mener «la guerre contre la dictature».

Puis elle s'était rendue, toujours suivie par des centaines de journalistes du monde entier, devant la maison de l'ex-président de la Cour suprême, Iftikhar Muhammad Chaudhry, évincé à l'occasion de l'état d'urgence, exigeant en vain de le rencontrer.

Sous la pression de la rue mais surtout de Washington, dont il est l'allié-clé dans sa «guerre contre le terrorisme» et qui est son principal bailleur de fonds, le général Musharraf avait annoncé le 8 novembre que les législatives, initialement prévues pour la mi-janvier, auraient lieu un mois plus tard.

Mais Mme Bhutto avait jugé cette annonce «vague» et maintenu, le 9 novembre, un meeting de son parti dans la banlieue d'Islamabad. C'est pour empêcher sa tenue que la police l'avait assignée à résidence toute la journée et bouclé hermétiquement Rawalpindi, la ville où il devait avoir lieu, invoquant des «menaces très précises» pour sa sécurité et celle de ses partisans.

Le 18 octobre, l'attentat-suicide le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan avait visé Mme Bhutto lors d'un rassemblement de ses partisans à Karachi (sud), faisant 139 morts. Ce jour-là, Mme Bhutto rentrait au Pakistan à la faveur d'une amnistie du général Musharraf, après huit années d'exil volontaire pour échapper à des accusations de détournements de fonds publics lorsqu'elle était au pouvoir (1988-1990 et 1993-1996).

Le 7 novembre, alors qu'elle négociait depuis un mois un accord de partage du pouvoir avec le général Musharraf, elle avait opéré un revirement en appelant à manifester contre l'état d'urgence.

Les autres dirigeants de l'opposition la somment, depuis, de choisir «clairement» son camp. L'accord annoncé prévoyait que son parti soutienne M. Musharraf aux législatives en échange de quoi elle aurait retrouvé son poste de premier ministre.

Le général-président a imposé l'état d'urgence en invoquant la recrudescence sans précédent des attentats islamistes et l'ingérence de la justice dans le domaine politique.

L'opposition et les capitales occidentales considèrent qu'il a trouvé là un prétexte pour s'agripper à un pouvoir vacillant à l'approche des législatives, notamment en évinçant les juges de la Cour suprême dont M. Chaudhry, qui lui étaient hostiles.

La plus haute juridiction du pays devait se prononcer avant le 15 novembre sur l'éligibilité de M. Musharraf, avant que ne soit proclamée, officiellement ou non, sa victoire à la présidentielle du 6 octobre dernier au scrutin indirect.





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