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Accueil arrow L'actualité arrow International arrow À Guantanamo, le Canadien Omar Khadr à nouveau sur la voie du procès
À Guantanamo, le Canadien Omar Khadr à nouveau sur la voie du procès Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Fanny Carrier, Agence France-Presse   
14-11-2007

Le camp de détention américain de Guantanamo, à Cuba.
Le camp de détention américain de Guantanamo, à Cuba. (Paul J. Richards/AFP/Getty Images)
GUANTANAMO – Omar Khadr, un jeune Canadien accusé de terrorisme, est revenu le 8 novembre dernier devant un juge militaire de Guantanamo qui lui a signifié les chefs d'inculpation pesant contre lui, prélude au premier vrai procès pour terrorisme sur la base navale américaine, à Cuba.

Arrêté en 2002 en Afghanistan et âgé aujourd'hui de 21 ans, Omar Khadr est poursuivi pour meurtre, tentative de meurtre, complot, soutien au terrorisme et espionnage. Il est accusé d'avoir fabriqué et caché des explosifs ainsi que d'avoir tué un soldat américain en lançant une grenade lors de son arrestation.

Il n'a pas souhaité annoncer immédiatement s'il plaidait coupable ou non, et le juge a suspendu l'audience sans annoncer la date du procès. Selon la règle des tribunaux militaires d'exception, il devrait s'ouvrir dans les quatre mois, à moins qu'un nouveau grain de sable ne vienne enrayer une procédure particulièrement contestée.

En juin, le juge chargé de son cas, le colonel Peter Brownback, avait annulé les poursuites, estimant qu'il n'avait autorité que pour juger les «combattants ennemis hors-la-loi», alors qu'Omar Khadr était qualifié, comme les autres détenus de Guantanamo, de simple «combattant ennemi».

Mais une cour d'appel militaire spéciale a déclaré à la fin de septembre que le juge pouvait établir lui-même si le détenu était «hors-la-loi et, le 8 novembre, le juge a estimé que cette définition devait être considérée comme allant de soi si la défense ne la contestait pas.

Après l'audience, le commandant Bill Kuebler, avocat d'Omar Khadr, a expliqué avoir appris de l'accusation il y a seulement quelques jours l'existence d'un témoin, «employé du gouvernement américain» et présent lors de l'arrestation en 2002, susceptible de remettre en cause le statut du jeune Canadien.

Alors que l'accusation réclamait de pouvoir présenter, le 8 novembre, documents et témoins pour prouver de manière définitive le caractère «hors-la-loi» d'Omar Khadr, la défense a préféré ne pas contester le statut du jeune homme avant d'en savoir plus sur ce témoin mystère.

L'audience a duré un peu plus de deux heures. Vêtu d'une combinaison blanche, la couleur attribuée aux détenus «très coopératifs», pieds et mains libres, Omar Khadr a écouté les débats, ne se levant qu'à une seule reprise, à la demande du juge. Arrêté adolescent, il a depuis grandi et forci, et porte désormais la barbe et les cheveux courts.


Une poignée de journalistes, de militaires et d'observateurs de la société civile ont pu assister à l'audience dans une petite salle aux murs blancs et au sol recouvert de moquette rouge. Le reste de la trentaine de journalistes accrédités ont suivi les débats par vidéo dans un bâtiment voisin.

En début d'audience, après avoir longuement interrogé le juge, une procédure classique dans un procès militaire, l'avocat de M. Khadr, le commandant Bill Kuebler, a demandé en vain au juge de se récuser, estimant qu'il risquait de manquer d'impartialité.

L'avocat a notamment relevé que le juge avait lui-même reconnu avoir «eu les oreilles qui chauffent» après sa décision de juin, et lui a reproché de considérer que son rôle consistait à faire appliquer la loi sur les tribunaux d'exception, et non pas, en premier lieu, la constitution américaine.

«Nous revenons à la case départ chaque fois que nous venons ici. La légitimité du système est toujours en question. Je ne pense pas que le juge nous ait prouvé que le système ait fait le moindre progrès», a déclaré Jamil Dakwar, un membre de l'ACLU, la puissante organisation de défense des droits civiques, l'un des observateurs.





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