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Washington doit éviter avec Musharraf les erreurs commises avec le Chah Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Agence France-Presse   
14-11-2007
Des policiers antiémeute attaquent les militants du parti intégriste Jamaat-i-Islami
Des policiers antiémeute attaquent les militants du parti intégriste Jamaat-i-Islami durant des manifestations contre le président Musharraf à Peshawar, Pakistan, le 8 novembre 2007. Des experts disent que les États-Unis sont dans une fâcheuse position en ayant tout misé sur le général. (Tariq Mahmood/AFP/Getty Images)
WASHINGTON – Les États-Unis devraient se souvenir des leçons du passé et éviter de répéter avec le président pakistanais, Pervez Musharraf, les mêmes erreurs que celles commises à la fin des années 1970 avec le Chah d'Iran, estiment des experts.

«Les États-Unis soutiennent le mauvais cheval au Pakistan et cette situation rappelle celle du Chah dans l'Iran prérévolutionnaire», indique Syed Hasnat, un professeur d'origine pakistanaise au Middle East Institute de Washington.

«Il n'est pas trop tard pour modifier cette politique, mais c'est le moment crucial pour les États-Unis», a-t-il dit.

Les États-Unis ont été pris au dépourvu en 1979 quand la révolution islamique a chassé du pouvoir le Chah d'Iran, soutenu pendant des décennies par Washington malgré la colère populaire contre son pouvoir dictatorial.

Le Chah était considéré par Washington comme un allié de poids face à la menace communiste, un ami d'Israël dans la région et un protecteur des intérêts stratégiques et commerciaux américains dans son pays riche en pétrole.

Aujourd'hui, M. Musharraf est considéré par les responsables américains comme un «indispensable» allié des États-Unis dans la «guerre contre le terrorisme».

Les États-Unis semblent ne pas s'être aménagés de porte de sortie, font remarquer des experts.

Et, contrairement à l'Iran de 1979, le Pakistan possède l'arme nucléaire.

Le gouvernement américain se trouve au Pakistan dans le même genre d'impasse où il se trouvait en Iran à la fin des années 1970, estime Gary Sick, un spécialiste des questions du Moyen-Orient à la Columbia University de New York.

«Nous avons tout misé sur un seul homme, en l'occurrence Musharraf, et nous n'avons pas de position de repli, pas de stratégie alternative au cas où cela ne fonctionnerait pas», a-t-il mis en garde.

Soucieux avant tout de contenir l'expansion soviétique, les responsables américains du temps de la guerre froide se sont montrés sourds aux appels de ceux qui réclamaient une ouverture démocratique dans l'Iran du Chah.

Quand le Chah a été contraint à l'exil sous la pression populaire, les États-Unis ont pâti par ricochet de la disgrâce de leur protégé. Du coup, ils n'ont pas été en mesure de contrer les extrémistes du nouveau régime qui ont finalement pris le pouvoir.

Ces dernières semaines, Washington a tenté de renverser la vapeur au Pakistan en soutenant l'ancienne première ministre Benazir Bhutto, présentée comme une alternative au général Musharraf.

Mais rien n'assure que cela sera suffisant. Depuis les attentats du 11 septembre, Washington a versé plus de 10 milliards de dollars d'aide essentiellement militaire au Pakistan. Mme Bhutto et d'autres au Pakistan estiment que ces milliards auraient été mieux employés dans l'éducation pour diminuer l'influence des extrémistes.

Gary Ackerman, un parlementaire démocrate de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, a fait, le 7 novembre dernier, un parallèle entre le Chah et le général Musharraf au cours de l'audition du secrétaire d'État adjoint, John Negroponte.

Certes, a admis M. Ackerman, le soutien du général Musharraf a été essentiel dans le combat contre Al-Qaïda et les talibans mais, a-t-il ajouté, «à la fin, nous risquons de répéter l'histoire de l'Iran». «Nous soutenions quelqu'un, le Chah, qui se montrait dur avec les terroristes et faisait les choses dont nous avions besoin mais, à la fin, les résultats ont été totalement désastreux», a-t-il dit.

Daniel Markey, un spécialiste de l'Asie du Sud au Council on Foreign Relations, estime que M. Musharraf doit respecter sa promesse de tenir des élections s'il veut empêcher que les partis modérés s'allient aux islamistes contre son gouvernement.

«C'est ce genre de coalition en Iran qui a conduit au renversement du Chah suivi par la purge des libéraux, laissant les islamistes radicaux au pouvoir», a-t-il dit.




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