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Des Européens à la rescousse de la police palestinienne en Cisjordanie |
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Écrit par Jennie Matthew, Agence France-Presse
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17-11-2007 |
Des policiers de l’Union européenne attendent des policiers palestiniens dans la ville de Bethléem. (David Furst/AFP/Getty Images) BETHLÉEM (Cisjordanie) – Assis derrière le volant de son 4x4 à Bethléem, Colin Smith, un retraité des services antiterroristes de Scotland Yard, accompagné de cinq collègues européens, se tourne les pouces.
La fine équipe est là pour conseiller, entraîner et équiper la police palestinienne. La tâche est lourde : l'aider à imposer l'ordre en Cisjordanie occupée, empêcher le chaos sécuritaire de s'installer.
Seul problème : leurs interlocuteurs de la police palestinienne ont... oublié de venir au rendez-vous.
«Voilà pourquoi la police palestinienne a besoin de nos conseils. C'est un bon exemple», ironise Jose Vericat, chargé des contacts avec la presse de cette mission, nom de code EUPOL COPPS, financée à coups de millions d'euros.
Smith, fort d'une expérience de quinze ans en Irlande du Nord, opine du chef : «Ils ont besoin d'équipements. Nous essayons de procéder de façon méthodique. Mais nous voulons du concret, pas seulement des plans sur le papier.»
Il table sur des résultats visibles dans les dix-huit mois. D'autant que les 19 000 Palestiniens, en service au sein de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, sont motivés et compétents. Il reconnaît qu'ils sont aussi frustrés et parfois désorientés.
Quelque 50 millions d'euros constituent une bonne base de départ pour lancer les entraînements, acheter des véhicules et des ordinateurs, dit Smith.
Mais on est encore loin des 650 millions d’euros nécessaires à la construction de centres de détention, de prisons, de laboratoires d'analyses médico-légales. L'Europe s'est à ce stade engagée à en verser 10 millions.
Smith compte aussi sur la conférence des donateurs à Paris, d'ici fin 2007, pour contribuer à l'opération.
Avant la Cisjordanie, il avait été chargé de livrer ses lumières pour reconstruire la police irakienne. «L'Irak? Un désastre», admet-il en évoquant l'invasion américaine de 2003.
Contrairement aux Irakiens, estime-t-il, les Palestiniens ont une véritable chance de réussir, à condition que règne la stabilité.
La situation sur le terrain n'est pas brillante. Moins de la moitié des 70 postes de police en Cisjordanie sont équipées de voitures de patrouille. À peine 40 paires de menottes ont été répertoriées et 130 ordinateurs, la plupart anciens.
Des postes doivent être reconstruits. Ils ne sont pas équipés de technologie permettant la collecte d'informations. Il y a dix fois moins de cellules que nécessaire. Pire : le QG de la police à Jénine, une ville de 269 300 personnes en Cisjordanie, possède une seule ligne de téléphone-fax.
Un grand nombre des commissariats ont été détruits par des raids israéliens depuis 2000.
L'élection en janvier 2006 des islamistes du mouvement Hamas, considéré par l'Occident comme une organisation terroriste, a eu pour effet un gel des projets européens d'assistance.
Il aura fallu la décision de M. Abbas de prendre ses distances avec le Hamas, la mise en place d'un gouvernement dirigé par Salam Fayyad, un ancien responsable de la Banque Mondiale, pour remettre à flots ces projets.
De ces programmes, menés sur le terrain par 25 spécialistes étrangers, dépendent les 7000 policiers de Cisjordanie. Quant aux 12 000 autres de Gaza, ils sont pour l'heure condamnés à l'inaction, les postes et leurs équipements ayant été réquisitionnés par le Hamas qui contrôle le territoire depuis juin.
Le général Daoud Abou Ghaith commande 550 policiers et supervise les opérations de quatre commissariats à Bethléem, avec un budget lilliputien de 3 060 dollars US par mois.
Bethléem, aujourd'hui séparée d'Israël par la barrière de sécurité érigée en Cisjordanie, est en proie au chômage. Elle est parfois le théâtre de batailles de gangs, de vols et de trafic de drogue.
«Nous avons besoin de voitures et d'ordinateurs. C'est notre priorité», explique le général Abou Ghaith qui blâme les raids aériens israéliens. «Comment pouvons-nous assurer le maintien de l'ordre si nous ne contrôlons pas toute notre terre», s'insurge-t-il.
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