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À Valence, les chercheurs préparent l'Espagne aux risques de désertification |
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Écrit par Agence France-Presse
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22-11-2007 |
Combinaisons de photos de l'Èbre, le plus puissant des fleuves espagnols, passant par Saragosse en haut. En bas, des photos digitalement retouchées, selon les prévisions de désertification. (Pedro Armestre/AFP/Getty Images) MADRID – Dans les montagnes proches de Valence, sur la côte méditerranéenne semi-aride de l'Espagne, une dizaine de chercheurs préparent le pays aux risques de désertification, qui menacent 15 % de son territoire, et appellent à une prise de conscience.
C'est précisément à Valence que se tiendra, du 12 au 17 novembre, une réunion de synthèse du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), colauréat du prix Nobel de la paix 2007.
«Entre 14 % et 15 % de la superficie du territoire espagnol court un risque élevé à très élevé de désertification», affirme Juan Sanchez, chef de département du Centre de recherches sur la désertification (Cide) à Valence.
Ce risque concerne surtout l'archipel des Canaries, où 57 % du territoire est menacé, et deux régions de l'est du pays, Valence (29 % de la surface menacée) et Murcie (37 %). D'après l'ONU, 6 % de la superficie de l'Espagne, pays le plus aride d'Europe, est déjà dégradé de manière irréversible. Greenpeace estime que l'Espagne «est entrée dans une claire africanisation de son climat».
Les pays les plus industrialisés «pensent que la désertification ne concerne que l'Afrique, l'Asie ou l'Amérique latine, mais nous sommes aussi exposés», souligne Juan Sanchez, qui pointe du doigt la dégradation croissante des sols provoquée par «l'érosion, la salinisation, l'asphaltage et la pollution».
Dans le centre expérimental situé à 20 kilomètres de Valence, une dizaine de chercheurs étudient depuis 1996 les causes de la désertification pour tenter de freiner son avancée. Ces experts analysent en direct l'érosion des sols de cette région, arrosée chaque automne de pluies torrentielles concentrées sur trois ou quatre jours, et victimes presque tous les étés d'incendies dévastateurs.
«Si on continue à détruire les forêts, si les incendies, provoqués ou non, et la salinisation des sols se poursuivent, une grande partie du sol de la région pourrait être dégradée d'ici 40 ans», prévient Juan Sanchez.
Le changement climatique, «lié en beaucoup de points à la désertification», est aussi un problème à prendre en compte, souligne-t-il.
«D'ici à 25 ou 50 ans, si on ne freine pas le processus de changement climatique, les températures vont augmenter, les pluies torrentielles seront encore plus concentrées et l'érosion donc augmentera.» D'où l'importance d'une «prise de conscience» de la population et des autorités, car les activités humaines, de l'urbanisation à l'agriculture intensive, ont une large part de responsabilité dans ces phénomènes.
Cela passe par «de véritables politiques de reforestation et de surveillance des forêts, de prévention des incendies et de contrôle de la consommation d'eau par les particuliers et les agriculteurs», explique Juan Sanchez.
Il faudrait aussi limiter l'asphaltage des sols et l'urbanisation des côtes, massives en Espagne, ou «il ne s'agit plus simplement de dégradation mais de destruction des sols, de pertes irréversibles», souligne-t-il.
Les chercheurs du Cide, qui collaborent avec le gouvernement espagnol pour l'élaboration d'un Plan national de lutte contre la désertification, jugent «acceptable» la quantité de fonds destinés à ce problème en Europe, mais ils regrettent la «définition trop globale» du terme désertification.
«Il désigne à la fois les problèmes d'agriculture et d'élevage intensifs pouvant concerner des pays en voie de développement, et de pollution propres aux pays surindustrialisés», souligne le directeur du Cide, Patricio Rodriguez.
C'est, selon lui, ce qui «explique en partie» que l'ONU n'ait pas réussi à trouver un accord sur le financement de la lutte contre la désertification lors d'une conférence organisée en septembre dernier à Madrid.
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