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Washington perplexe sur le rôle joué par l'Iran en Irak |
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Écrit par Agence France-Presse
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21-11-2007 |
Des chefs tribaux guident des soldats américains dans le village d’Al-Awsat au sud de Bagdad. (Patrick Baz/AFP/Getty Images) WASHINGTON – Alors que le président américain, George W. Bush, brandit la menace d'une pression accrue sur Téhéran dans le dossier nucléaire, les responsables militaires s'interrogent sur ce qui a pu motiver le recul des attaques menées en Irak en lien avec l'Iran.
Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, et d'autres hauts responsables militaires estiment qu'il est trop tôt pour tirer les conclusions de la baisse, depuis plusieurs mois, de l'utilisation en Irak d'explosifs EFP (Explosive Formed Penetrator) ainsi que d'autres armes fabriquées en Iran.
Mais le général de division James Simmons – l'un des principaux chefs du commandement américain en Irak – a estimé, le 15 novembre dernier, que l'Iran semblait respecter sa promesse au premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, d'aider à arrêter le flux d'engins explosifs arrivant en Irak.
Selon de hauts responsables de la Défense à Washington, même si les conclusions du général Simmons sont peut-être exagérées, il est indéniable que le flux d'armes arrivant en Irak en provenance d'Iran a diminué, voire stoppé.
Les attaques à l'aide d'explosifs EFP, une nouvelle génération d'engins piégés IED (Improvised explosive device), capables de percer la plupart des blindages sont passées de 99 en juillet à 53 en octobre.
Et les EFP récemment découverts dans des caches d'armes en Irak y étaient certainement déjà lorsque la promesse iranienne a été faite à M. Maliki lors de sa visite à Téhéran en août.
Reste à déterminer si les Iraniens ont bel et bien arrêté de fournir ces armes et pourquoi, et si c'est le signe d'un changement d'attitude plus global de la part de Téhéran ou un simple répit temporaire.
«Nous n'en sommes pas encore là», temporise un haut responsable américain de la Défense, pour qui il faudra encore du temps avant de pouvoir tirer des conclusions, même si «nous espérons bien sûr que les Iraniens ont décidé de tenir leurs engagements envers le gouvernement Maliki».
Ces constatations en Irak coïncident avec les tentatives de l'administration Bush pour augmenter la pression internationale sur l'Iran sur le front nucléaire.
Lors d'une rencontre à la Maison Blanche avec le premier ministre japonais, Yasuo Fukuda, le président américain a ainsi déclaré, le 16 novembre dernier, que «la pression internationale doit s'accentuer et s'accentuera».
Le dossier nucléaire est la principale inquiétude de l'administration, selon des responsables du Pentagone. Mais une volte-face de Téhéran en Irak offrirait un soulagement bienvenu aux militaires américains qui comptent sur une réduction tangible de la violence pour pouvoir mettre en oeuvre un retrait progressif de leurs troupes.
Les responsables américains préfèrent rester prudents, estimant que cela paraît trop beau pour être vrai, et rappellent le passé de l'Iran en matière d'armement et d'entraînement d'extrémistes chiites qui ont tué des soldats américains.
«Qu'ils aient eu une influence négative dans le passé, qu'ils aient contribué à tuer des soldats de la coalition, irakiens et américains, est un fait», rappelle un haut responsable militaire américain sous le couvert de l'anonymat. «Nous voulons qu'ils aient un rôle plus pacifique, plus positif et plus productif», poursuit-il, tout en reconnaissant que rien n'indique pour l'instant que ce soit le cas.
Les responsables militaires américains n'en ont pas moins baissé le ton vis-à-vis de l'Iran.
Au début du mois, l'armée américaine a ainsi libéré en Irak neuf Iraniens, dont deux membres de l'unité d'élite Al-Qods des Gardiens de la révolution, après avoir estimé qu'ils ne représentaient pas une menace ou une source de renseignements. Onze autres restent détenus par les Américains en Irak.
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