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NEW YORK (Nations Unies) - Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté à l'unanimité, le 15 juillet, une résolution de compromis exigeant que la Corée du Nord suspende toutes les activités liées à son programme de missiles balistiques, ce qui a immédiatement été rejeté par Pyongyang. Ce texte, résultat de onze jours de difficiles négociations entre les grandes puissances, ne comporte pas, contrairement à ce que souhaitaient le Japon et les États-Unis, de référence à l'article VII de la Charte des Nations Unies qui permet, en cas de non-respect, le recours à la force. La Chine, alliée historique, voisine et principale pourvoyeuse d'aide économique et alimentaire à l’État staliniste, avait annoncé qu'elle appliquerait son veto contre tout projet de résolution placé sous l'article VII. La résolution 1695 «exige de la République populaire démocratique de Corée qu'elle suspende toutes les activités liées à son programme de missiles balistiques et rétablisse dans ce contexte ses engagements antérieurs en faveur d'un moratoire sur les lancements de missiles». En outre, elle «demande à tous les États membres [...] de faire preuve de vigilance et d'empêcher les transferts de missiles et d'articles liés aux missiles, de matières, de biens et de technologies vers les programmes de missiles ou d'armes de destruction massive» à Pyongyang. Tokyo, auteur initial du projet de résolution, a «demandé instamment» à Pyongyang de se conformer à la résolution, mais en vain : l'ambassadeur nord-coréen à l'ONU, Pak Gil Yon, déclarait, immédiatement après le vote, que la Corée du Nord la «rejette totalement». La rapidité de la réaction de l'ambassadeur a provoqué une remarque ironique du représentant des États-Unis à l'ONU : «La Corée du Nord a établi un record mondial en rejetant la résolution 45 minutes après qu'elle ait été adoptée», a ainsi déclaré M. John Bolton. M. Pak a également condamné ce qu'il a décrit comme des tentatives «d'utiliser le Conseil de sécurité à mauvais escient pour leurs buts politiques méprisables», afin d'isoler la Corée du Nord et de la soumettre à des pressions. Il a averti que la Corée du Nord n'aurait pas d'autres solutions que de prendre des «actions physiques plus fortes» si un pays «osait critiquer» ses manœuvres. L'ambassadeur américain a déclaré que «la résolution adresse un message sans équivoque, sans ambiguïté et unanime à Pyongyang : "suspendez votre programme de missiles balistiques, arrêtez de vous approvisionner en matériaux liés aux armes de destruction massive”». Si la Corée du Nord «ne respecte pas les exigences de cette résolution, les États-Unis et les autres États membres ont la possibilité à tout moment de revenir devant le Conseil de sécurité pour des mesures supplémentaires», a-t-il averti. M. Bolton avait estimé, le 14 juillet, que même sans une référence explicite au chapitre VII, la résolution aurait une force juridique contraignante. L'ambassadeur de la France à l'ONU, Jean-Marc de La Sablière, qui assure ce mois-ci la présidence du Conseil de sécurité, a souligné que «l'unité d'aujourd'hui est le gage de la volonté commune d'agir avec fermeté dans les prochaines étapes de la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive». La Corée du Nord a procédé, le 5 juillet, aux tirs d'essai de six missiles à courte et moyenne portée et d'un septième missile intercontinental de modèle Taepodong-2 pouvant en théorie atteindre l'Alaska et la côte ouest des États-Unis. Tous se sont abîmés en mer du Japon, au large des côtes nippones et russes.
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