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Page 2 sur 2 Un nouveau paradigme de développement Adepte de la pensée systémique, Schumacher affirme que le «système matérialiste que nous connaissons aujourd'hui, dans lequel le niveau de vie se mesure par le volume annuel de la consommation, s'efforce par conséquent de maximiser la consommation en optimisant simultanément la production. L'autre système est celui de l'économie bouddhiste, fondée sur les notions de "subsistance convenable" et de "voie moyenne"; il vise à maximiser le bien-être de l'homme en optimalisant la production». Et de poursuivre que «l'écologie devrait être une matière obligatoire dans les études d'économie».
La même année du triste discours du président Truman, en 1949, Buckminster Fuller et son équipe construisaient le premier dôme géodésique au monde, un édifice remarquablement futuriste qui pouvait supporter son propre poids sans pratiquement aucune contrainte dynamique. Son invention allait permettre au gouvernement américain d’ériger le pavillon des États-Unis, lors de l’Exposition universelle de Montréal, en 1967.
Véritable visionnaire, avec un demi-siècle d’avance, Buckminster Fuller concevait son architecture futuriste en tenant compte de la notion de développement durable. Cet architecte iconoclaste nous a légué des prototypes de bâtiments qui nous forcent à questionner nos habitudes de consommation. À une époque où il devient impératif de protéger les milieux naturels, Fuller a réussi à mettre en scène une architecture qui utilise le moins possible de matériaux, faisant preuve d’une économie de moyens qui force l’admiration.
Et, c’est ce que l’exposition du CCA démontre, il ne fut pas le seul à se préoccuper du rapport entre le développement durable et la conception de nouvelles unités d’habitation générant moins de déchets en phase de construction, étant moins énergivores et plus saines pour leurs occupants.
Une exposition dynamique Le propos de cette exposition iconoclaste tient en fait dans la présentation de plus de 350 artefacts, qui vont des dessins d’architecture aux séquences télévisées tirées d’archives, en passant par une foule de photographies. C’est l’architecte montréalais Gilles Saucier, du cabinet Saucier + Perrote Architectes, qui a conçu le design de cette exposition qui se veut, avant tout, dynamique et interactive. Une étrange structure serpente d’une salle à l’autre, défiant notre système habituel de perspective, et fait office de présentoirs ou de postes de visionnement.
Une série d’écrans a été alignée dans une des spacieuses salles du CCA : on peut y visionner les déclarations des principaux chefs d’État au moment de la crise pétrolière de 1973. Il est tout de même savoureux d’écouter un extrait d’un discours télévisé du président américain Jimmy Carter, lequel affirmait, le 18 avril 1977, «Je sais que certains d’entre vous doutent que nous soyons vraiment menacés par une pénurie énergétique… le problème est plus grave aujourd’hui parce que le gaspillage s’est accru et que plusieurs années se sont écoulées sans que nous pensions à l’avenir.» Curieusement, le même discours pourrait nous être servi à la télévision de Radio-Canada, trente ans plus tard!
1973 : Désolé, plus d’essence, une exposition incontournable qui est présentée au CCA du 7 novembre 2007 au 20 avril 2008.
Pour de plus amples informations : Tél. : 514 939-7000; Internet : [www.cca.qc.ca]
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