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Dans les serres de roses à Holeta, à 50 km à l'ouest de la capitale Addis Abeba, Éthiopie. (Jose Cendon/AFP/Getty Images) Le gouvernement éthiopien a annoncé récemment que l'horticulture doit rapporter cette année plus de 125 millions de dollars (86,3 millions d'euros) au pays, soit cinq fois plus que l'an passé, avec 2 200 hectares de serres. L'Éthiopie a exporté en 2006 environ 176 000 tonnes de café, principale source de devises à l'exportation, pour 421 millions de dollars. Les producteurs de fleurs visent des exportations d'1,4 milliard de dollars d'ici à cinq ans, avec une augmentation de la superficie de 4 500 hectares sur la même période, notamment grâce aux mesures d'encouragement du gouvernement : exemptions fiscales, attributions de terrains à bas prix, prêts à faible taux.
L’HORTICULTURE ETHIOPIENNE ATTIRE LES COMPAGNIES ETRANGERES
« En développant 70 000 hectares de terrain pour les fruits et légumes, et 4 500 pour les fleurs, nous prévoyons une augmentation drastique de la production, qui en cinq ans nous permettra d'atteindre ce chiffre », assure à l'AFP Tsegaye Abeba, président de l'association des producteurs-exportateurs de l'horticulture éthiopienne (EHPEA). « Quand on regarde la nouvelle tendance, on peut certainement penser que les fleurs vont prendre la place du café », estime-t-il, notant que « pour autant nous ne souhaitons pas que la filière café périclite car elle est très importante pour notre développement ».
A Holeta, à 50 km à l'ouest de la capitale Addis Abeba, les serres s'alignent sans fin de chaque côté de la route, là où il y a cinq ans il n'y avait que poussière. Dans ces serres, s'épanouissent les roses les plus appréciées qui seront ensuite conditionnées et exportées vers l'Asie, le monde arabe ou la Russie.
Selon le ministère éthiopien du Commerce, plus de cent compagnies étrangères ou à participation étrangère travaillent dans l'horticulture éthiopienne. « L'industrie des fleurs est florissante dans ce pays : le climat, le prix modeste de la main d'oeuvre, tout cela contribue à attirer les producteurs de plusieurs pays », explique Dhairyasheel Shinde, directeur de la société Holeta Rose, mi-éthiopienne mi-indienne. « Nous faisons pousser neuf types de fleurs (dont les roses, la production la plus importante), le climat permettant de faire pousser des variétés de basse et haute altitude », ajoute-t-il devant les 15 hectares de cultures qui emploient 450 personnes.
Des producteurs d'Inde, des Pays-Bas, du Kenya, trois pays en pointe pour les fleurs coupées, se sont laissés séduire par cet environnement favorable au développement du secteur. Pourtant, tout n'est pas rose dans le monde de la fleur éthiopienne : le manque de main d'oeuvre qualifiée, de moyens de réfrigération pour conserver la production, demeurent des obstacles que le gouvernement tente de dépasser.
« Nos experts viennent majoritairement d'Inde et du Kenya, mais nous tentons de lancer des programmes de recherche dans les universités pour former plus d'experts éthiopiens », déclare Fantaye Biftu, conseiller du ministre du Commerce pour l'Horticulture. Le secteur a déjà permis la création de milliers d'emplois dans un pays de plus de 80 millions d'habitants considéré comme l'un des plus pauvre du monde avec un PNB de 160 dollars par habitant.
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