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L'hydrogène prometteur, mais loin d'être la source d'énergie universelle Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Agence France-Presse   
11-12-2007
NGC 604, une région dans la galaxie du Triangle
NGC 604, une région abondant d'hydrogène ionisé dans la galaxie du Triangle. L'hydrogène est l'élément chimique le plus simple, son isotope le plus commun est constitué seulement d'un proton et d'un électron. (Hubble Space Telescope, photo PR96-27B)
WASHINGTON – L'hydrogène, abondant dans la nature, représente un énorme potentiel énergétique sans pollution, mais reste loin de remplacer les hydrocarbures comme source universelle d'énergie en raison des contraintes techniques et économiques, soulignent des experts américains.

L'administration du président George W. Bush prédisait en 2003, en lançant une importante initiative appuyée par 1,2 milliard de dollars, une économie américaine basée sur cette source d'énergie dans les vingt ans.

«C'est un peu ambitieux», juge Tim Wilkins, avocat du cabinet Bracewell and Giuliani au Texas – spécialisé dans les réglementations environnementales et de l'énergie – qui note que l'administration américaine est désormais plus mesurée.

«Il est possible qu'à long terme l'hydrogène, rare à l'état pur, remplace les hydrocarbures comme source d'énergie universelle, mais cela prendra un siècle» pour adapter toutes les infrastructures, prédit-il dans un entretien avec l'AFP, soulignant «les nombreux défis».

L'hydrogène est actuellement surtout produit pour le raffinage pétrolier et la chimie par catalyse à partir du gaz naturel. Mais les réserves de gaz naturel ne sont pas illimitées et le processus de production émet du dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement du climat.

Il faudra aussi créer toute l'infrastructure de production de masse d'hydrogène, de transport, de stockage et de distribution, ce qui représente des problèmes techniques difficiles, sans oublier le fait que cette approche doit aussi être économiquement viable, et l'hydrogène est encore cher à produire.

Enfin, si l'hydrogène, qui brûle en produisant de l'eau, a un pouvoir énergétique beaucoup plus grand que celui du pétrole, du méthanol et du gaz naturel, il est aussi très léger, posant un sérieux problème de stockage et de transport.

Cependant, souligne cet avocat, la recherche sur l'hydrogène comme source alternative d'énergie à moyen terme reste une priorité du ministère américain de l'Énergie, de nombreuses universités et de sociétés dont des groupes pétroliers et automobiles.

«Je pense qu'il n'y a pas d'alternative unique au pétrole à court et moyen terme, ce qui fait que nous devons, pour réduire notre dépendance aux hydrocarbures, recourir à une diversité d'autres sources énergétiques», explique Tim Wilkins.

Dans cette quête, «l'hydrogène est vu comme une excellente alternative parmi les sources d'énergie renouvelables», souligne Jerome Hinkle, président de la National Hydrogene Association à Washington, le principal groupement professionnel américain.

L'hydrogène peut être produit à partir d'une grande variété de sources dont, outre le gaz naturel et le charbon, l'eau et les énergies renouvelables telles que le solaire, le vent, la biomasse ou encore par réactions thermochimiques avec des centrales nucléaires, précise cet expert à l'AFP. Il cite aussi la photosynthèse et des procédés biologiques.

Des chercheurs de l'université de Pennsylvanie viennent de mettre au point une technique pour obtenir de l'hydrogène bon marché à partir de la fermentation de matière organique en combinant l'action d'une petite charge électrique et de bactéries.

À plus brève échéance, la pile à hydrogène pour produire de l'électricité est l'application la plus prometteuse, selon Jerome Hinkle. Il relève que General Motors prédit la production de véhicules compétitifs, performants et non polluants fonctionnant avec de telles piles à l'horizon 2010-2012.

Si la moitié de la flotte américaine était remplacée par de telles automobiles d'ici 2050, les importations pétrolières actuelles diminueraient de deux tiers, réduisant aussi nettement les émissions de CO2.
Les États-Unis dépendent à 65 % du pétrole étranger utilisé surtout pour le transport.




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