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Après six mois de crise, la Belgique reste en plein brouillard |
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Écrit par Philippe Siuberski, Agence France-Presse
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13-12-2007 |
Le premier ministre sortant, Guy Verhofstadt, a reçu du roi Albert II la mission de sortir le pays de l'impasse. (François Walschaerts/AFP/Getty Images) BRUXELLES – La Belgique a franchi, le 10 décembre dernier, le cap de six mois sans nouveau gouvernement et sans qu'aucune issue ne se profile malgré le retour au premier plan du premier ministre sortant, Guy Verhofstadt, et l'impatience croissante de la population.
Lorsque, le 10 juin dernier, les Belges ont élu leurs députés, ils savaient que la formation d'une nouvelle coalition serait difficile entre des partis flamands réclamant un «big bang» institutionnel accordant plus de pouvoirs aux régions et des partis francophones plus que rétifs à cette idée.
Mais ils étaient loin de se douter qu'une demi-année plus tard, ils attendraient toujours l'émergence d'un compromis entre les deux grandes communautés linguistiques du pays, plus divisées que jamais.
D'une longueur déjà inédite en Belgique (le record de 148 jours datant de 1988 a été battu le 6 novembre), la crise actuelle semble bien partie pour dépasser au début de janvier, le record d'Europe d'après-guerre, détenu par les Pays-Bas qui avaient mis 208 jours en 1977 pour se doter d'un gouvernement.
Depuis juin, une hypothèse a pourtant longtemps tenu la corde. Après quatre années de pouvoir socialiste-libéral, une coalition de centre-droit baptisée l'«Orange bleue» et composée des partis libéraux et démocrates-chrétiens, tant flamands que francophones, prendrait le relais.
Mais le leader des démocrates-chrétiens flamands, Yves Leterme, n'a pu rallier à son programme de «régionalisation» accrue des institutions les centristes francophones et a dû renoncer, le 1er décembre.
Dans la foulée, le premier ministre sortant, Guy Verhofstadt, a reçu du roi Albert II la mission de sortir le pays de l'impasse.
Mais six mois de négociations houleuses ont échauffé les esprits des chefs de partis, qui règlent leurs comptes par médias interposés. Dès lors, aucune des formules de gouvernement envisagées par Guy Verhofstadt, dont une coalition d'«union nationale», ne semble s'imposer.
Une idée semble pourtant faire son chemin. À défaut d’un nouveau gouvernement, l'équipe socialiste-libérale sortante, qui compte 75 députés sur 150, serait prolongée pour une durée indéterminée.
Dans les cabinets ministériels, les collaborateurs, qui expédiaient seulement les «affaires courantes» depuis juin, ont d'ailleurs commencé à ressortir les dossiers des cartons où ils sommeillaient depuis l'été.
Car dans la population, le ressentiment à l'égard des partis augmente à mesure que l'attente se prolonge. Pour preuve, les difficultés rencontrées par un institut de sondage, qui s'est vu opposer cette semaine un «refus de répondre» par 40 % des personnes interrogées sur la crise politique.
Les trois grands syndicats du pays vont faire monter un peu plus la pression. Ils organisent, le samedi 15 décembre à Bruxelles, une manifestation afin de réclamer un nouvel exécutif s'attaquant aux problèmes du pays, comme celui de la baisse du pouvoir d'achat.
De telles récriminations se font également entendre dans les services de secours et de sécurité (police, prisons, pompiers), qui réclament un renforcement des effectifs, au sein des municipalités qui peinent à aider les foyers modestes face à la hausse du prix du pétrole, ou dans les milieux patronaux qui redoutent une baisse des investissements en Belgique.
Le 13 décembre, ce sera également l'anniversaire de Bye Bye Belgium, l'émission choc de la RTBF qui avait annoncé, sans dire clairement qu'il s'agissait d'une fiction, l'éclatement du pays en décembre 2006.
«L'heure est grave», lançait ce soir-là le présentateur vedette de la chaîne publique belge en lançant son faux journal. Une prophétie?
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