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La Russie et le Belarus serrent les rangs contre le bouclier américain Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Victoria Loguinova, Agence France-Presse   
18-12-2007
le président du Belarus, Alexandre Loukachenko (gauche), et celui de la Russie, Vladimir Poutine (droite)
Duo autoritaire du tonnerre : le président du Belarus, Alexandre Loukachenko (gauche), et celui de la Russie, Vladimir Poutine (droite). Les deux hommes ont renforcé, le 14 décembre 2007, leur alliance lors d’une rencontre à Minsk. (Mikhail Klimentyev/AFP/Getty Images)
MINSK – Le Belarus a resserré les rangs avec la Russie contre le bouclier américain et obtenu de Moscou un crédit de 1,5 milliard de dollars ainsi qu'un gel des prix du gaz lors d'une visite du président Vladimir Poutine à Minsk le 14 décembre dernier.

Le président Alexandre Loukachenko, qualifié de «dernier dictateur d'Europe» par Washington et isolé sur la scène internationale, a promis de s'associer à la Russie dans son opposition au bouclier.

De son côté, le président Vladimir Poutine a promis de ne pas augmenter les prix du gaz livré au Belarus, une ex-république soviétique dont l'économie est très dépendante de son grand voisin russe, et s'est voulu rassurant sur les livraisons d'hydrocarbures russes vers l'UE.

«Le Belarus est prêt à jouer son rôle face au déploiement prévu en Europe d'éléments du système de défense antimissile des États-Unis», a déclaré M. Loukachenko à l'issue de ses entretiens avec M. Poutine sans plus de précisions.

En novembre, Moscou et Minsk ont fait planer la menace d'un déploiement de missiles au Belarus si Washington persiste dans son projet d'installer des éléments de son bouclier en Europe centrale.

Ce projet, qui prévoit un radar en République tchèque et des missiles antimissile en Pologne, inquiète la Russie qui y voit une menace pour sa sécurité.

Minsk est aussi «prête à coordonner étroitement ses actions avec la partie russe dans l'adaptation du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE)», a ajouté M. Loukachenko.

La Russie est sortie de facto, le 12 décembre, du traité FCE qui limite le déploiement d'armements sur le Vieux continent depuis la fin de la Guerre froide, au grand dam des Occidentaux.

Aux yeux de Moscou, qui vit mal l'expansion de l'OTAN vers ses frontières, le Belarus reste un allié clé, aux portes de l'Europe.

La visite d'État de M. Poutine a offert une bouffée d'air économique et diplomatique à M. Loukachenko, dont la liste des amis se résume au Venezuela et à l'Iran, et qui a encore été critiqué le 12 décembre après la violente répression d'une manifestation d'opposants.

MM. Loukachenko et Poutine ont signé un mémorandum pour l'octroi par la Russie de 1,5 milliard de dollars au Belarus en 2007-2008, destinés notamment à des achats d'énergie.

«Les prix du gaz pour les partenaires belarusses ne vont pas augmenter», a assuré par ailleurs M. Poutine alors que des discussions étaient en cours pour une hausse en 2008.

La décision de Moscou de relever ses tarifs gaziers vis-à-vis de ses voisins de l'ex-URSS – inférieurs à ceux du marché – avait conduit à une crise avec l'Ukraine en 2006 qui a perturbé les livraisons avec l'UE et à des tensions avec le Belarus réglées in extremis le 1er janvier 2007.

«Nous confirmons que nous allons remplir toutes nos obligations sur le transit des hydrocarbures vers l'Europe», a ajouté M. Poutine.

En janvier 2007, un conflit sur le transit de pétrole russe par le territoire belarusse avait conduit à la fermeture pendant trois jours d'un oléoduc alimentant la Pologne et l'Allemagne.

«Nous apportons une contribution à la stabilité de l'Union européenne et en apportant cette contribution nous attendons des actions adéquates de l'Europe», a ajouté M. Loukachenko, persona non grata dans l'UE.

Vladimir Poutine a appelé par ailleurs à des «mesures plus énergiques pour la formation d'un espace économique commun et la création d'une union douanière» entre les deux pays.

Si leurs entretiens ont duré quatre heures, rien n'a filtré sur le chantier de l'Union Russie-Belarus, qui piétine depuis des années.

La visite de M. Poutine avait relancé les spéculations, immédiatement démenties des deux côtés, sur sa reconversion comme chef d'un nouvel État associant les deux pays, alors qu'il doit quitter le Kremlin en 2008.







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