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Le froid s'installe entre «frères» roumains et moldaves |
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Écrit par Agence France-Presse
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19-12-2007 |
Le président roumain, Traian Basescu (gauche), en compagnie de son homologue moldave, Vladimir Voronine, en juin 2006. Les relations entre les deux pays, partageant une même ethnicité, sont très tendues dernièrement. (Daniel Mihailescu/AFP/Getty Images) BUCAREST – Reliées par un symbolique «pont de fleurs» au début des années 1990, lorsque des nationalistes des deux pays rêvaient d'une réunification, la Roumanie et la Moldavie traversent une période de froid, qui a culminé, le 12 décembre dernier, avec l'expulsion par Chisinau de deux diplomates roumains.
Cette mesure, «digne de l'époque de la guerre froide», selon une source diplomatique roumaine, est intervenue après une longue série de déclarations contradictoires et accusations entre deux pays que pourtant tout semblait unir, à commencer par une histoire et une langue communes.
Considérée comme le pays le plus pauvre d'Europe, la Moldavie (hormis la région séparatiste russophone de Transdniestrie) avait appartenu à la Roumanie jusqu'à son annexion par l'ex-URSS en 1940, et environ 65 % de sa population est roumanophone.
C'est cet héritage commun qui sème la discorde entre Bucarest et Chisinau, les autorités communistes moldaves ne cachant pas leur colère envers l'attitude de «frère aîné» adoptée par la Roumanie, accusée de s'«immiscer dans les affaires intérieures» du pays.
L'insistance de Bucarest quant à son «devoir moral» d'aider la Moldavie à intégrer l'Union européenne n'a ainsi pas tardé à lasser Chisinau, qui a clairement fait savoir qu'il n'avait que faire du soutien de ces «soi-disant frères».
«S'ils ne changent pas d'attitude, nous allons appeler la communauté internationale à intervenir», avait martelé le président communiste Vladimir Voronine, après avoir déjà traité la Roumanie de «dernier empire d'Europe».
Fin novembre, l'ambassadeur roumain en Moldavie, Filip Teodorescu, avait apporté de l'eau au moulin des autorités moldaves, en remettant en cause l'accord de Paris de 1947 qui établissait les frontières entre les deux pays à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, affirmant que ce texte «n'avait plus force juridique».
Ces propos, qualifiés de «maladroits» de source diplomatique roumaine, ont aussitôt été interprétés par Chisinau comme un «refus» de Bucarest de reconnaître l'indépendance de la Moldavie, et utilisés pour justifier l'expulsion des deux diplomates.
Le ministre de la Défense et ancien chef de la diplomatie roumaine, Teodor Melescanu, a toutefois une explication plus simple pour la réaction de Chisinau : «M. Voronine est dérangé par les files d'attente devant le consulat roumain à Chisinau.»
Depuis le début de l'année, des centaines, voire des milliers de Moldaves, se bousculent devant le consulat dans l'espoir d'obtenir un visa pour la Roumanie, première escale d'un voyage vers l'UE où ils comptent trouver un emploi bien rémunéré.
Bucarest s'est par ailleurs attiré les foudres de Chisinau en facilitant l'octroi de la citoyenneté roumaine aux ressortissants moldaves, une mesure visant à réparer une «injustice historique».
Plus de 800 000 Moldaves (sur une population de 4 millions) se sont aussitôt empressés à demander ce document, certains, pour des raisons sentimentales, la plupart pour réaliser leur rêve de rejoindre l'Occident.
Pour l'analyste de politique étrangère Magdalena Boiangiu, «la mauvaise humeur de M. Voronine envers la Roumanie» est alimentée par la situation économique «précaire» de son pays.
Selon elle, le président moldave a été confronté à un choix imposé par Moscou : «Si tu te ranges de notre côté nous t'aiderons, si tu te ranges du côté des Roumains, ce sera à eux de t'aider.»
«Vraisemblablement, M. Voronine a estimé que la Russie est plus à même de fournir à la Moldavie ce dont elle a besoin», a estimé Mme Boiangiu.
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