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Affrontements entre oligarques russes autour du géant minier Norilsk Nickel |
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Écrit par Agence France-Presse
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19-12-2007 |
MOSCOU – Deux des principaux oligarques russes, Mikhaïl Prokhorov et Vladimir Potanine, ont une nouvelle fois échoué la semaine dernière à s'entendre sur l'avenir du géant minier Norilsk Nickel, alors que celui-ci est également convoité par le magnat russe de l'aluminium, Oleg Deripaska.
Les deux hommes, qui détiennent ensemble environ 53 % du capital de ce groupe de premier plan, leader mondial du nickel et du palladium, tentent depuis presque un an de démêler leurs biens et activités communes, fruit de seize années de partenariat.
Mais le divorce a du mal à prendre corps, comme l'a illustré l'échec de l'assemblée générale (AG) extraordinaire de Norilsk Nickel le 14 décembre dernier.
Convoquée à la fin mars, elle était destinée à valider la scission des activités électriques du groupe pour créer une nouvelle société baptisée EnergoPolious, dont M. Prokhorov aurait pris la tête.
Le nouveau groupe aurait généré 6 % de la capacité électrique installée en Russie et aurait été bien placé pour tirer profit de la vaste réforme de l'électricité en cours.
Réputé imprévisible, M. Prokhorov, après avoir changé d'avis plusieurs fois au cours des derniers mois, s'est finalement abstenu, faisant au passage capoter le vote.
«La proposition de scission n'a pas reçu le soutien du nombre requis de votes», a sobrement commenté Norilsk Nickel dans un communiqué publié à l'issue de l'AG, avant d'indiquer que des «alternatives» seraient prochainement présentées.
M. Prokhorov a justifié son attitude par l'imminence de la vente de 25 % plus une action (sur les 28,2 % qu'il détient) dans Norilsk Nickel.
«Notre entreprise ne soutient pas la division, car c'est une question pour le nouveau propriétaire» de Norilsk Nickel, a-t-il expliqué, selon l'agence Interfax.
Le suspense est encore entier sur l'avenir de cette participation : M. Potanine, à qui elle a été proposée, devra indiquer avant le 21 décembre s'il accepte les conditions – dépeintes comme difficiles par les analystes – de M. Prokhorov, ou s'il jette l'éponge.
Dans ce cas, selon un accord déjà rendu public, M. Prokhorov vendra sa part au numéro un mondial de l'aluminium – le groupe russe Rusal – en échange de liquide et d'une part de 11 % dans Rusal. Rusal est contrôlé par Oleg Deripaska, oligarque proche du Kremlin.
Dans les deux cas, les protagonistes ont apparemment l'intention d'allier les deux entreprises, Rusal et Norilsk, pour créer l'un des tous premiers groupes miniers au monde, une perspective que saluent les analystes.
Mais même une fois ce dossier compliqué réglé, le feuilleton du divorce Prokhorov/Potanine ne semble pas résolu pour autant, car il leur reste à venir à bout des participations qu'ils détiennent en commun via la société KM Invest, et qui représentent une valeur de quelque 11 milliards de dollars.
Le groupe de M. Prokhorov, Onexim, a annoncé le 14 décembre avoir présenté à M. Potanine trois variantes de séparation des actifs de KM Invest : ceux-ci se composent de 8 % des actions de Norilsk Nickel, 7,6 % du producteur d'or Polious Zoloto, 69 % de la banque Rosbank et d'une série d'autres participations.
Pour l'heure, souligne Onexim, le modèle de gestion conjointe appliqué à KM Invest «ne fonctionne pas», si bien qu'il propose de passer à un «modèle de séparation sur des principes de marché».
La première option consisterait à vendre les divers actifs rassemblés dans KM Invest au prix du marché. La deuxième, en des échanges consentis de participations entre les deux hommes. Et la troisième serait une liquidation juridique, variante dont Onexim estime toutefois qu'elle est à réserver à un «cas extrême».
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