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Coraux d’eau froide en Atlantique nord. (OFF/AFP) L’Irlande interpelle l’U.E.
L’Irlande demande de l’aide à l’Union européenne pour protéger sa barrière de corail. Il est en effet plus familier de parler de la protection des coraux vivant dans les eaux tropicales que de ceux des eaux froides. Pourtant les récifs coralliens des mers froides existent bien. Même s’ils ne sont pas visibles à l’œil nu, ils se fixent dans les profondeurs des mers, jusqu’à plus de 2.000 mètres sous la surface des eaux, à l’écart de toute lumière solaire, sous une basse température d’environ 4 °C. Les eaux froides des côtes irlandaises renferment une richesse étonnante de coraux qui sont actuellement menacés par la pêche. Dublin met l’Union européenne en alerte.
LA FLOTTE DE PÊCHE EUROPÉENNE DÉTRUIT LES SYSTÈMES CORALLIENS IRLANDAIS
Plus de 900 espèces vivent au large de la côte occidentale irlandaise. « Les récifs abritent un écosystème immensément riche où vivent des crabes, des pieuvres, des étoiles de mer, des oursins et de nombreuses espèces de poissons importantes sur le plan commercial », rappelle le ministère irlandais de l’Environnement. Les coraux d’eau froide croissent de façon extrêmement lente, dix fois moins vite que les coraux d’eau chaude. Ils forment de superbes structures fragiles et vulnérables à toute atteinte physique, dont celle liée à l’utilisation du matériel de pêche en eau profonde. Dès lors des récifs ont été détruits. De nombreux autres deviennent défigurés par ce chalutage de fond. « Les études scientifiques prouvent que les activités de la flotte de pêche européenne détruisent les systèmes coralliens de l’Irlande », note le ministère. C’est pourquoi Dublin demande à l’Union européenne d’interdire la pêche dans les bassins de Porcupine, situés au sud-ouest de l’Irlande, sur un rayon d’à peu près 2.500 km². M. Gormley, membre des Verts irlandais, souhaite que cette demande soit traitée le plus tôt possible, il espère qu’elle sera abordée lors de la prochaine réunion des ministres européens de l’Agriculture et de la Pêche, qui aura lieu du 17 au 20 décembre. La pêche avec les chaluts de fond a déjà provoqué plusieurs interdictions ou limitations de pêche. C’est en mai dernier que ce genre de pratique a été interdite en bordure des pays du Pacifique Sud, près des zones proches des écosystèmes marins vulnérables.
L’EXISTENCE DE CORAUX D’EAU FROIDE AU LARGE DE PLUS DE 40 PAYS
Les récifs coralliens d’eau froide sont très anciens, ils datent d’environ 8.000 ans, et les données géologiques de ces récifs remonteraient à plusieurs millions d’années. Des chercheurs découvrent aujourd’hui de nombreux groupes de récifs coralliens d’eau froide dans les mers et océans du monde entier, y compris de l’Atlantique, du Pacifique, de l’Océan indien et de la Méditerranée. Certains récifs s’étendent de la Norvège jusqu’à l’Afrique de l’ouest, ils sont très spacieux et même plus vastes que la célèbre Grande barrière de Corail d’Australie, très connue de tous. Ce sont de nouvelles études qui ont révélé l’existence de coraux d’eau froide au large de plus de 40 pays, dont l’Espagne, le Suriname et les Seychelles. Il y a encore peu de temps, on pensait que les coraux d’eau froide se limitaient aux eaux de l’hémisphère nord, soit, au large du Canada, de la Scandinavie et des Iles britanniques. Mais on a découvert l’existence des récifs coralliens d’eau froide dans d’autres régions du monde, sur les côtes du Brésil, de l’Indonésie, de l’Angola et des îles Galápagos, pour ne citer que quelques exemples. C’est surtout pour pêcher des poissons vivants dans les profondeurs que les chalutiers abandonnent les lieux traditionnels de pêche là où le poisson est plus abondant : comme l’hoplostète orange, la lingue bleue, le grenadier de roche, le sabre noir et quelques requins de profondeur.
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