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La «petite dame de Florès» s’installe au Musée de l’homme à Paris Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Vilem Bischof, Agence France-Presse   
20-12-2007
Le professeur T. Jacob présente deux crânes de hobbits
Le professeur T. Jacob présente deux crânes de hobbits découverts sur l’île indonésienne de Florès en 2004. Dernièrement, Elisabeth Daynès a réalisé la sculpture d’une femme d’un mètre de haut, représentante d’une énigmatique espèce d’hominidés nains, vieille de 18 000 ans qui a existé sur la petite terre émergée à l’est de Java. (AFP)
PARIS – La sculpture d’une femme d’un mètre de haut, représentante d’une énigmatique espèce d’hominidés nains de l’île indonésienne de Florès, vieille de 18 000 ans, s’offre au regard des visiteurs au Musée de l’Homme à Paris.

Réalisée par la sculptrice Elisabeth Daynès sous l’étroite surveillance de scientifiques, cette reconstitution hyperréaliste est fondée sur les restes fossiles mis au jour à partir de 2003 et comprenant en particulier le squelette partiel assez bien conservé d’une femme.
 
C’est cette petite dame d’un mètre de haut qui a servi de «modèle» à la sculptrice française, spécialiste de reconstitutions de renommée internationale. Elle «revit, pour la première fois au monde dans un Musée, 18 000 ans après avoir existé sur la petite terre émergée à l’est de Java.

Nue, à peau basanée marquée par une légère pilosité pour souligner son caractère primitif, cette femme courtaude aux bras longs a un regard vif et la bouche entrouverte comme si elle voulait dire quelque chose à un compagnon, peut-être au sujet du bâton de bambou qu’elle tient à la main. De nombreux visiteurs du musée auront sans doute l’impression qu’elle s’adresse à eux.

«On a imaginé qu’elle avait ramassé un bambou, sans dire ce qu’elle allait en faire», commente François Sémah, professeur au Muséum national d’histoire naturelle (dont dépend le Musée de l’Homme).

«C’est une façon de prendre le public au sérieux», ajoute le scientifique, interrogé par l’AFP. «On lui montre la part d’hypothétique et d’inconnu, et la part de recherche qui reste à faire. C’est un vrai symbole : ce bambou deviendra peut-être un couteau, peut-être une lance, peut-être qu’elle l’a ramassé pour s’amuser.»

Les interrogations sur l’homme de Florès, Homo floresiensis, devenu célèbre sous le surnom de «Hobbit» (du nom des petits personnages de Tolkien), n’ont jamais cessé depuis l’annonce de sa découverte.

Trois ans plus tard, les anthropologues ne sont toujours pas d’accord sur l’identité scientifique de ces petits hommes, espèce d’hominidé distincte pour les uns, descendants d’Homo erectus sinon d’Homo sapiens archaïques «rapetissés» par un phénomène – déjà bien observé chez les animaux – de nanisme insulaire. Les hommes de Florès chassaient d’ailleurs; un exemple de ce phénomène, un petit éléphant préhistorique, le stégodon.
 
Seule certitude : ces étranges humains sont apparus sur leur île il y a au moins 95 000 ans et s’y trouvaient toujours 70 millénaires plus tard, au moment où leurs contemporains «modernes» décoraient, à l’autre bout du monde, les parois de la grotte de Lascaux.

Mais les recherches progressent vite. Devant la reconstitution, tout en appréciant l’art et la rigueur du travail d’Elisabeth Daynès, l’un des «pères» scientifiques de la petite dame, Mike Morwood, a relevé que la statue n’était plus tout à fait à jour : elle a de trop petits pieds, calculés à partir des proportions observées chez l’homme contemporain.

En effet, selon le chercheur de l’université australienne de Nouvelle-Angleterre, des os trouvés récemment ont montré que les nains de Florès avaient en fait les pieds aussi grands que nous. Pourquoi? Nouvelle énigme...





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