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Les vacances de Sarkozy déclenchent, encore, la polémique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Stéphane Orjollet, Agence France-Presse   
26-12-2007
Le président français, Nicolas Sarkozy, avec sa nouvelle amoureuse, Carla Bruni.
Le président français, Nicolas Sarkozy, avec sa nouvelle amoureuse, Carla Bruni.
PARIS – Le voyage offert par l'homme d'affaires Vincent Bolloré pour les congés de Nicolas Sarkozy en Égypte a provoqué une nouvelle fois la polémique autour des vacances «people» du président de la République.

En pleine trêve des confiseurs, la largesse de l'ami milliardaire du président – qui lui avait déjà offert voyage et séjour sur son yacht juste après sa victoire à la présidentielle – a réveillé l'opposition, alors que des commentateurs pointaient une fascination du président pour les «paillettes», avec séjour dans un palace et liaison affichée avec l'ex-top model Carla Bruni.

Le 25 décembre, le socialiste Arnaud Montebourg, grand pourfendeur des pratiques présidentielles depuis l'ère Chirac, s'interrogeait «sur les contreparties que M. Bolloré, homme d'affaires rusé, est en droit d'attendre».

Le 26 décembre, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, renchérissait : «Nicolas Sarkozy est, pour M. Bolloré, un bon investissement».

Et de dénoncer la proximité du président avec des personnalités «qui détiennent des journaux, des télévisions», allusion à M. Bolloré, dont le groupe se diversifie dans les médias, comme à Martin Bouygues, autre ami personnel du président et propriétaire du groupe TF1.

«Je ne lui reproche pas d'aller où il veut avec qui il veut, mais le fric dépensé, et avec une telle publicité, c'est une vraie provocation, au moment où il demande aux gens de se serrer la ceinture», a tonné Alain Krivine, fondateur de la LCR.

Le PCF a appelé le président à «un peu de tenue», jugeant «indigne» son comportement de «clinquant milliardaire».

Fidèle à son mutisme sur les affaires «privées», l'Élysée se refuse à tout commentaire.
Mais un proche du chef de l'État, Patrick Balkany, a voulu minimiser, comparant sur RTL ce voyage en jet privé à «un ami qui vous [prêterait] sa voiture». M. Bolloré a «une énorme fortune qu'il a faite seul, l'État n'intervient en rien dans ses affaires», a assuré le député UMP.

Le 25 décembre, le secrétaire d'État au Tourisme, Luc Chatel, avait estimé qu'il n'y avait pas matière à «polémique». «Le président a montré son engagement au service des Français [et] a aussi droit à une vie privée, le droit de prendre quelques jours de repos».

L'UMP a voulu lancer une contre-offensive le 26 décembre : «Politique de caniveau» de ceux qui mettent en cause «à chaque instant la vie privée du président» selon Yves Jégo, «voyeurisme obsessionnel» de ceux qui le critiquent, pour Lionnel Luca.

Les éditorialistes se sont emparés de ce nouvel épisode du feuilleton présidentiel. Relevant la «fascination du président pour les paillettes et la jet-set», Le Monde insistait sur «la distance qui doit exister entre un homme qui incarne l'État et un groupe socio-professionnel, quel qu'il soit».

«C'est, il est vrai, assez peu conventionnel, mais tout à fait conforme au personnage qui se plaît à ne rien faire comme les autres», estimait l'Est Républicain.

«Il y a dans ces vacances présidentielles très “nouveau riche” un évident manque de décence», jugeait Midi Libre, regrettant «une nouvelle manifestation de connivence avec le monde du luxe et des affaires».

«Le sixième président de la Ve république n'en a rien à cirer des conventions et du qu'en dira-t-on», concluait Sud Ouest, évoquant un Sarkozy «adepte de la transparence jusqu'à l'exhibition».

Pour La République du Centre, une question demeure : «Nicolas Sarkozy cherche-t-il à nous éblouir ou à s'éblouir lui-même?»




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