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L’énigme de l’assassinat de Benazir Bhutto |
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Écrit par Li Tianxiao, La Grande Époque
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08-01-2008 |
L’enquête sur l’assassinat de l’ex-première ministre du Pakistan, Benazir Bhutto, pourrait avoir un grand impact sur l’avenir politique du pays, mais la vérité pourrait ne jamais faire surface. Plusieurs auraient pu avoir des motifs pour commettre un tel crime, et les conflits d’intérêts sont compliqués et nombreux. En plus, le nettoyage à grande eau de la scène du crime peu de temps après l’attentat et le refus de procéder à une autopsie pour des motifs religieux sont deux grandes erreurs du Pakistan, intentionnelles ou non.
Musharraf et les États-Unis croient tous deux qu’Al-Qaïda est le suspect principal. Toutefois, le réseau terroriste – ayant un historique d’admettre avec fierté ses massacres – a nié publiquement en être responsable.
Les États-Unis se disent encore favorables à des élections démocratiques au Pakistan et voyaient d’un bon œil le partage du pouvoir entre Bhutto et Musharraf. Mais une enquête internationale indépendante ne pourra voir le jour sans un appui solide des Américains. Toutefois, pointer Al-Qaïda pour la mort de Bhutto alimente la rhétorique antiterroriste de l’administration Bush et la campagne présidentielle des Républicains.
Même si l’assassinat de Bhutto a causé plus de tort que de bien au président Musharraf, il est difficile pour lui d’échapper à l’ombre du doute pour quatre raisons : premièrement, certains indices dans les courriels de Bhutto; deuxièmement, les déclarations conflictuelles du gouvernement quant aux causes de la mort de Bhutto; troisièmement, les intuitions de la famille Bhutto et du Parti du peuple pakistanais (PPP); quatrièmement, l’échec de l’administration Musharraf d’assurer la sécurité de Mme Bhutto malgré des demandes répétées.
Avec un tel cas contre Musharraf, attribuer l’assassinat de Bhutto aux terroristes ressemble plus à une excuse pratique pour stabiliser la situation. Mais d’un autre côté, Bhutto tenait un discours très dur contre les extrémistes, et il est connu de tous qu’il y a certains liens obscurs entre les services de renseignement pakistanais et des groupes terroristes.
Ce qui est intéressant est la position ambiguë du régime communiste chinois. Contrairement à la plupart des pays dans le monde, le numéro 1 du régime n’a pas encore émis de commentaire sur l’assassinat de Bhutto. Seule une brève déclaration est sortie du ministère des Affaires étrangères, disant que la Chine était choquée de l’incident. De plus, depuis sa mort, les médias chinois ont martelé avec des articles insistant sur les accusations de corruption de Mme Bhutto, suggérant qu’elle mérite son sort.
Alors qu’elle était au pouvoir, Bhutto était une alliée du régime chinois mais, après sa mort, elle a été rejetée pour des intérêts politiques. Mais cela ne devrait pas surprendre. Le régime chinois et l’administration Musharraf ont une bonne amitié, partageant tous deux des intérêts totalitaires et craignant que la prise de pouvoir par Bhutto n’amène un vent démocratique. Le régime chinois a beaucoup d’intérêts au Pakistan, incluant un projet de gazoduc et la coopération militaire, comme le transfert de technologie en missiles balistiques et armes nucléaires, etc. Mais Pékin veut aussi utiliser le Pakistan comme un levier stratégique contre l’Inde et les États-Unis.
Suite à la mort de Bhutto, le triangle politique du Pakistan a changé, avec le PPP désignant le fils de Bhutto comme nouveau chef de parti. Toutefois, même après sa mort, l’ex-première ministre peut encore encourager l’opposition au totalitarisme et servir d’inspiration aux mouvements démocratiques partout dans le monde.
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