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Le CAC 40 fête son 20e anniversaire dans les prochains jours. Deux décennies qui l'ont vu se renouveler à 50 %, les banques et les groupes énergétiques chassant les sociétés de portefeuille, et L'Oréal étant la seule société à y briller durablement.
En réalité, l'indice boursier des 40 premières sociétés françaises est né officiellement en juin 1988, mais c'est le 31 décembre 1987 qu'il a été défini avec une valeur de 1.000 points. A mi-décembre dernier, le CAC (pour ‘Cotation assistée en continu’) a clôturé un peu au dessus des 5.600 points. En incluant les dividendes, l'indice a augmenté de 534 % en 20 ans. Résultat, l'épargnant qui a placé ses économies dans une Sicav investie sur le CAC 40 l'a vu s'apprécier en moyenne de 9,75 % par an. « La progression du CAC 40 a suivi celle des bénéfices des entreprises, mais elle a aussi profité de la forte baisse des taux d'intérêt à long terme », commente Michel Didier, président de l'institut de conjoncture Rexecode.
Alors que « le poids des services dans l'économie française a beaucoup progressé en 20 ans, les services et l'industrie se partagent à parité le CAC 40, comme en 1987 », note l'économiste. Cet équilibre masque cependant de profondes transformations, avec la disparition au sein de l'indice -- dont la composition est mise à jour régulièrement -- de 17 sociétés dont les sept dites « de portefeuille » présentes dans une multitude d'activités. Le CAC 40 les a troquées contre trois banques et quatre sociétés liées au secteur de l'énergie, dont les fabricants de matériels Vallourec et Alstom, ainsi que les deux géants du secteur public, EDF et GDF.
« Les sociétés privatisées ont fait une entrée en force, c'est la principale évolution, même si à la fin 1987, une bonne partie d'entre elles étaient déjà là, comme Saint-Gobain ou la Société Générale », souligne Michel Didier. Autre promus, France Télécom, BNP Paribas, Renault et le fabricant de puces STMicroelectonics, qui a offert au CAC 40 sa seule trajectoire météorite, en multipliant son cours par 20 en six ans après son entrée de Bourse en 1994, avant d'en reperdre très vite les trois-quart. Plus régulier, le leader mondial des cosmétiques L'Oréal a multiplié son cours par 14 en 20 ans. Aux Etats-Unis, Microsoft a cependant fait mieux en multipliant le sien par 108 sur la même période.
« Un indice boursier se renouvelle, et ce sang neuf vient des sociétés en plus forte croissance que les autres, ce qui dope la progression sur le long terme », explique Michel Didier.
En 20 ans, la valeur du Dow Jones américain a ainsi gagné 482 %, tandis qu'en Europe, la meilleure performance revient à l'indice finlandais Hex (+ 690 %) porté par l'émergence d'un leader mondial du téléphone mobile, Nokia, dont le cours a été multiplié par 270 entre l'automne 1992 et la fin 1999.
Gérard Augustin-Normand, président de la société de gestion Richelieu Finance, déplore que le CAC 40 soit « trop sensible aux modes du moment ». En 2000, en pleine bulle internet, « le poids d'Alcatel, France Télécom, Vivendi et TF1 était démesuré. Aujourd'hui ce sont les banques et les sociétés liés à l'énergie qui pèsent trop lourd », renchérit Bertrand Lamielle chez B capital (groupe BNP Paribas).
Sept ans après le record historique du 4 septembre 2000 (6.922,33 points), le CAC 40 vaut toujours 19 % de moins, ce qui s'explique notamment par les reculs d'Alcatel (- 96 %), France Télécom (- 86 %), TF1 (- 80 %) ou Vivendi (- 67 %).
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