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Mohammad Khatami prononçant un discours lors d'une réunion à l'Université de Téhéran le 11 décembre 2007 ( AFP/Getty Images)
TÉHÉRAN – L’ex-président iranien, Mohammad Khatami, qui incarna une politique de réforme de 1997 à 2005, fait un retour remarqué sur la scène politique après un hiatus de deux ans et à l’approche des législatives de mars 2008.
Après avoir gardé le silence sur la première partie du mandat de son successeur, l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, il a lancé récemment une série d’attaques sévères sur la politique du président.
Il soutient aussi une coalition de modérés qui espère faire la différence au prochain Parlement, actuellement dominé par les conservateurs.
Le tout laisse penser qu’il pourrait tenter sa chance à la présidentielle de 2009 mais, en attendant, il a entamé une vaste tournée dans le pays, ponctuée de discours devant un public nombreux.
« Au cours de ces déplacements, M. Khatami use de sa popularité et mobilise ses troupes pour les élections législatives », a dit à l’AFP l’analyste conservateur Amir Mohebian.
« En même temps, il teste le terrain pour voir s’il peut revenir dans le jeu à l’occasion de la prochaine présidentielle », affirme-t-il.
Pour l’analyste réformateur Hamid Reza Djalaïpour, M. Khatami serait avant tout préoccupé par la situation économique, avec une croissance trop faible et une fuite des cerveaux et capitaux vers l’étranger.
Il s’inquièterait aussi de la politique étrangère musclée de M. Ahmadinejad, que ce soit sur le programme nucléaire controversé de l’Iran ou sur la « disparition » d’Israël.
« Khatami a l’impression que sa politique de détente et d’établissement de la confiance a été abandonnée », remarque M. Djalaïpour.
Le religieux, que de nombreux partisans avaient jugé trop prudent pendant sa présidence, s’en est aussi pris au puissant Conseil des gardiens, un organe chargé de filtrer les candidatures aux mandats électifs de député ou de président.
Les réformateurs craignent que le Conseil, qui compte douze membres, disqualifie à nouveau nombre de leurs candidats, comme il l’avait fait en 2004.
« Quel droit avons-nous de décider à la place de l’électorat et d’empêcher la candidature de personnes qui ont la confiance du peuple simplement parce que six ou douze personnes [au Conseil] ne sont pas d’accord », a demandé M. Khatami dans un de ses récents discours.
Mais sa première cible reste M. Ahmadinejad, dont le slogan de « justice sociale » a servi, selon lui, à « répandre la pauvreté », et son gouvernement qu’il a accusé de trafiquer les statistiques pour diminuer les chiffres de l’inflation.
Il a aussi appelé les Iraniens à la « vigilance » face aux risques qu’encourt l’Iran sur la scène internationale, avec des sanctions ou une possible intervention militaire.
L’ex-président a reçu un accueil chaleureux à l’université de Téhéran, où il avait subi en décembre 2004 les quolibets d’étudiants déçus par ses modestes réformes.
Porté par un puissant soutien populaire, notamment chez les jeunes, lors de son élection en 1997, sa volonté de changement s’était heurtée au conservatisme de nombreux organes du pouvoir.
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