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La pensée médicale établie est d'avis que des taux de cholestérol élevés dans le sang provoquent l'athérosclérose, c'est-à-dire une obstruction, des artères par des dépôts graisseux et fibreux. Cette athérosclérose serait le processus sous-jacent à quasiment toutes les crises cardiaques et à environ 85% des infarctus (les 15%t restants étant causés par une hémorragie plutôt que par l'obstruction artérielle).
Le commerce des médicaments anti-cholestérol est très lucratif malgré les effets secondaires parfois graves, comme ceux de ces médicaments retirés de la vente en 2001 car ils provoquaient de graves complications musculaires (photo: AFP) Le 1er Décembre 2007 ont été publiés les résultats d’une stimulante étude scientifique, qui a évalué les rapports entre niveaux de cholestérol et mortalité «vasculaire » ( mort causée par les maladies cardiaques et l'infarctus). Cette recherche est présentée dans le renommé journal médical Lancet, et est une méta-analyse des données de 61 études différentes. De façon tout à fait suprenante, cette étude constate que des niveaux de cholestérol élevés sont associés à un risque accru de mort causée par « cardiopathie ischémique »… mais pas par infarctus du myocarde. En quoi cette découverte est-elle importante ?
La pensée médicale établie est d'avis que des taux de cholestérol élevés dans le sang provoquent l'athérosclérose, c'est-à-dire une obstruction, des artères par des dépôts graisseux et fibreux. Cette athérosclérose serait le processus sous-jacent à quasiment toutes les crises cardiaques et à environ 85% des infarctus (les 15%t restants étant causés par une hémorragie plutôt que par l'obstruction artérielle). Si le cholestérol cause l'athérosclérose, des taux élevés de cholestérol devraient alors augmenter les risques aussi bien de maladies cardiaques que de mort par infarctus.
Le fait que ceci ne semble pas le cas déconcerte les auteurs de la recherche. L'ensemble des auteurs, the Prospective Studies Collaboration, annonce que leurs découvertes sont « non expliquées » et qu'il « invitent à poursuivre les recherches ». En outre, dans leur article, les auteurs tiennent aussi à rappeler à chacun que les médicaments réduisant le cholestérol (les statines essentiellement) réduisent le risque d'infarctus (et les maladies cardiaques dans leur ensemble).
Alors, que penser de ces résultats ? Par simple déduction, si les infarctus ne sont pas causés par des taux élevés de cholestérol, mais que les statines en réduisent l’incidence, il faut peut-être envisager que les statines réduisent le risque d'infarctus par un mécanisme autre que la réduction du cholestérol.
Un médicament n’a pas forcément – et n’a d’ailleurs presque jamais – un seul effet. Dans le cas des statines, il est déjà bien établi qu’elles ont un faisceau d'effets sur l'organisme, et en particulier un rôle de fluidification du sang. Cet effet est à lui seul susceptible de réduire le risque d'infarctus.
Ce qui est embarrassant dans l’article du Lancet est le fait que les effets des statines, autres que la réduction de cholestérol, ne sont même pas mentionnés. L'équipe de
la Prospective Studies Collaboration, soit dit en passant est composée de plus de 100 docteurs et de chercheurs qui tous avaient la possibilité de contribuer à l'interprétation des résultats. Il est donc à mon sens presque impensable qu'aucun d'eux n'ait suggéré que l'on puisse expliquer ces découvertes paradoxales sur l'infarctus par le fait que les statines n'agissent pas exclusivement en réduisant le cholestérol.
Avancer cette idée conduirait bien sûr à réévaluer la pensée établie sur les effets du cholestérol. Pour les industries pharmaceutiques, à qui la vente de statines rapporte plusieurs milliards d’Euros par an et qui font la promotion de « de solutions » au problème du cholestérol, ceci est potentiellement dangereux.
On peut s’interroger sur l’influence qu’a exercé l'argent des entreprises pharmaceutiques dans les conclusions de l’étude. L'article du Lancet a été écrit par « un comité de rédaction », composé de neuf personnes, dont toutes, sauf une, sont issues du Clinical Trial Service Unit (CTSU), l'Unité
du service d'essais cliniques. Dans une déclaration au bas de l'article, portant sur les « conflits d'intérêt », il est signalé que le CTSU est impliqué dans les essais cliniques de médicaments supposés réducteurs de cholestérol, fondé au moins en partie, par les fabricants de ces médicaments dont Merck, Schering et Solvay. Le seul membre du comité de rédaction qui ne fait pas partie du CTSU est actionnaire de GlaxoSmithKline (un autre fabricant de médicaments réducteurs de cholestérol).
Ce ne sont que des soupçons. Cependant, si nous n'oublions pas que le CTSU est impliqué dans les recherches sur les statines, n'est-il pas étrange que ses membres semblent ne pas savoir les effets autres que la réduction du cholestérol que ces médicaments peuvent avoir dans le corps ? Pour moi, si.
References:
Prospective Studies Collaboration. Blood cholesterol and vascular mortality by age, sex and blood pressure: a meta-analysis of individual data from 61 prospective studies with 33000 vascular deaths. Lancet 2007; 370:1829-1839.
Le Dr. John Briffa exerce à Londres. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la nutrition et la médecine naturelle. Il dispense des conseils pratiques dans ces disciplines sur son site Internet : www.drbriffa.com
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