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Accueil arrow L'actualité arrow International arrow Pouvoirs exécutifs et définition de la torture : le débat continue
Pouvoirs exécutifs et définition de la torture : le débat continue Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Gary Feuerberg, La Grande Époque - Washington   
18-01-2008
Le directeur de la CIA, Michael Hayden
Le directeur de la CIA, Michael Hayden, s’adresse aux médias au sujet de la destruction des vidéos d’interrogatoires de son agence, pour soi-disant protéger l’identité du personnel impliqué. (Tim Sloan/AFP/Getty Images)
Outre la campagne électorale américaine qui attire actuellement toute l’attention, un chaud débat se poursuit aux États-Unis sur la question des pouvoirs légitimes du président. Le Congrès, à majorité démocrate, déplore les dérapages de ces dernières années sous George W. Bush.

L’administration actuelle a défendu les politiques suivantes comme étant nécessaires pour mener la «guerre contre la terreur» : garder en détention des individus suspectés de terrorisme sans leur accorder le droit à une audience; envoyer dans d’autres pays pour interrogation des suspects faits prisonniers; les prisons de la CIA à l’étranger; la surveillance sans mandat les communications locales avec l’outre-mer et l’utilisation de techniques d’interrogatoires brutales, notamment le waterboarding, ou simulation de noyade.

Ceux qui défendent les pouvoirs du président font référence au droit du commandant-en-chef de faire la guerre, tel que stipulé par la Constitution américaine. Toutefois, la majorité dans le nouveau Congrès s’oppose aux politiques ci-haut mentionnées et au pouvoir incontrôlé du président, affirmant que ce dernier ne peut agir à sa guise et qu’il doit obéir aux règles et lois internationales.

Des accrochages entre les tenants des deux positions sont survenus tout au cours de 2007, à l’image des années précédentes de l’administration Bush fils. Cette dernière considère que la fonction présidentielle a été affaiblie suite à la Guerre du Vietnam et au scandale du Watergate.

Le dernier épisode de cette histoire s’est produit en décembre dernier. Il a été révélé que la CIA avait filmé les interrogatoires de deux membres d’Al-Qaïda, dont le recruteur principal, Abu Zubaydah. Mais en 2004, l’agence aurait décidé de détruire les vidéos. La raison? Pour protéger l’identité des agents impliqués dans les interrogatoires.

Mais cette explication a été rejetée d’emblée par la plupart des experts. Les démocrates et certains républicains du Congrès ont dénoncé une opération visant à camoufler des preuves de torture, particulièrement le waterboarding.

Cette méthode consiste à ligoter la personne et verser de l’eau sur son nez et sa bouche, la noyant jusqu’à ce que l’interrogateur arrête la procédure pour éviter la mort du suspect. Trois enquêtes sur cette pratique sont actuellement menées : une par le Département de la justice, une autre par la CIA et une troisième par le Congrès. Cette affaire créera certainement des remous en 2008.

La technique controversée du waterboarding a presque fait dérailler la candidature du juge Michael Mukasey à la succession d’Alberto Gonzales au poste de procureur général. Le 30 octobre 2007, M. Mukasey s’était fait demander si le waterboarding était une forme d’interrogatoire illégale. Il avait répliqué qu’il devrait se renseigner davantage afin d’être en mesure de répondre.

Le juge Mukasey a laissé savoir qu’il trouvait personnellement «répugnante» la simulation de noyade, mais qu’il ne pouvait affirmer sans équivoque qu’elle est illégale. Plusieurs sénateurs sur le Comité judiciaire ont déclaré sa réponse inacceptable et ont rappelé que le waterboarding – considéré comme un crime de guerre depuis la guerre hispano-américaine – est une forme de torture, donc interdite selon la loi américaine et les Conventions de Genève.

David S. Addington, ancien conseiller du vice-président Dick Cheney et maintenant chef des opérations de Cheney, est un responsable de la Maison Blanche ayant été consulté pour savoir s’il fallait détruire les vidéos d’interrogatoires de la CIA. Ces deux hommes sont partisans des pouvoirs accrus de la branche exécutive et c’est M. Addington qui a écrit «l’infâme» note de service autorisant la CIA à utiliser des techniques d’interrogations brutales, incluant le waterboarding, les gifles, la privation de sommeil prolongée, les positions de tension, l’hypothermie provoquée et la privation ou la surcharge sensorielle.


 
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