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Abidjan dans les méandres de la pollution du Probo Koala Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Héloïse Roc, La Grande Époque   
11-10-2006

L'organisation mondiale de la Santé demande aux dirigeants du monde entier d’améliorer la qualité de l’air des grandes villes, afin de protéger la santé des populations. En effet, une bonne qualité de l’air réduirait de 15 % le nombre des décès survenant à cause de la pollution des villes.
Les limites recommandées pour l’ozone et le dioxyde de soufre se réduiraient sensiblement par rapport aux anciennes normes. Nous savons que les polluants les plus dangereux sont ceux dérivés de la combustion des combustibles fossiles (connus sous le nom de PM10), plus communément appelés particules fines ou poussières.

Des écologistes
Des écologistes naviguent près du navire Probo Koala qui a déchargé des tonnes de déchets toxiques européens en Côte d’Ivoire en août 2006.photo : Raigo Pajula/AFP/Getty Images
 

Actuellement, ces fines particules suspendues dans l’air dépassent les 70 microgrammes par mètre cube dans de nombreuses villes alors que les nouvelles directives prescrivent des taux de moins de 20 microgrammes par mètre cube. 

Le 19 août 2006, le navire  Probo Koala déchargeait 581 tonnes de déchets toxiques dans la décharge d'Akouédo à Abidjan (Côte d’Ivoire). Ses déchets censés n’être que des «eaux usées», de la boue de nettoyage des cuves du navire, s’averraient, selon des experts français, être composés de pétrole, de soude caustique, de phénols (dérivés de benzène), de sulfure d’hydrogène et de mercaptans (composés organiques sulfurés). Dès le déchargement du pétrolier des milliers d’Abidjanais ont ressenti de forts malaises qui se sont traduits par 8 morts, 37 blessés graves et 7000 intoxiqués.

L’Europe lance un cri d’alarme

Yannick Vicaire, le responsable de la campagne sur les toxiques à Greenpeace France déclare : «C’est très bien que l’Europe se dote de réglementations, mais encore faut-il qu’elle oblige ses membres à les appliquer correctement. La récente affaire du Clemenceau l’a déjà démontré : les États européens appliquent le droit environnemental selon leur bon vouloir. Tant que les continents présenteront des écarts importants en termes de réglementations ou d’équipements, il y aura toujours des flux de déchets du nord vers le sud. Il est de la responsabilité juridique et morale des pays développés de protéger les pays en voie de développement, en commençant par gérer leurs propres déchets.»

Par ailleurs, le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, ajoute dans un communiqué : «Il est choquant que des déchets toxiques européens soient allés en Côte d'Ivoire.»

«Nous avons des régulations européennes sur le transport maritime de déchets qui interdisent de telles exportations, mais apparemment la loi a été violée. Je veux comprendre ce qui s'est passé.» Le commissaire grec souligne dans un communiqué : «J'ai également l'intention d'avancer une proposition pour criminaliser certaines pratiques dommageables pour l'environnement.» Mais le Probo Koala est pour le moins curieux : son équipage est russe, il est immatriculé au Panama, il appartient à une compagnie grecque et il est affrété par la société hollandaise et suisse Trafigura.

Une «raffinerie flottante»

Actuellement, le Probo Koala est immobilisé en Estonie, dans le port de Paldiski, près de Tallinn, où une enquête criminelle est ouverte. D’après la reconstruction technique du parquet, les premières constatations dévoilent que le pétrolier aurait fait fonction de «raffinerie flottante » pour convertir 70 000 tonnes de pétrole brut en essence. Cette action aurait eu lieu en pleine mer, au moment où les cours de l’essence étaient au plus haut, c’est-à-dire aux mois de mai et juin derniers. La Côte d’Ivoire se trouvait déjà dans un ajout de pollution puisque antérieurement l’état environnemental de la capitale était désastreux, cette situation est relativement bien connue. En effet, Abidjan est passée de 46 000 habitants en 1946 à environ 1 600 000 habitants aujourd’hui. D'après un rapport d'experts de la FAO, 340 000 habitants seulement sont desservis par le réseau d'égouts.

 






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