Une vingtaine de milliers de manifestants, selon la police, ont réclamé samedi à Hong Kong l'instauration du suffrage universel, lors de la traditionnelle démonstration de force du camp démocratique qui coïncide chaque 1er juillet avec l'anniversaire de la rétrocession de l'ex-colonie britannique. Plus de 20 000 manifestants pro-democratie ont défilé dans les rues de Hong Kong. Photo de Mike Clarke (AFP/Getty Images) | Arborant des banderoles sur lesquelles ont pouvait lire « Justice, Egalité, Démocratie, Espoir », les manifestants se sont ébranlés du parc Victoria, lieu de rassemblement populaire, pour se diriger vers les bureaux du gouvernement local dans le centre-ville, à environ trois km de là.
19.000 personnes étaient mobilisées, selon la police. Les organisateurs n'ont pas donné de chiffre. Ce défilé, qui suit chaque 1er juillet les cérémonies officielles commémorant la rétrocession en 1997 de Hong Kong à la Chine, avait atteint une participation record en 2003 et 2004, réunissant alors un demi-million de personnes pour protester contre un projet de loi accusé de porter atteinte aux libertés publiques et pour réclamer plus de démocratie. Mais la venue à la tête du gouvernement local d'un nouveau dirgigeant plus populaire, Donald Tsang, a depuis nettement fait baisser le nombre des protestataires, qui n'étaient plus qu'une vingtaine de milliers l'an dernier. Les manifestants ont réclamé l'instauration du suffrage universel pour l'élection du chef de l'exécutif, le numéro un des autorités locales, ainsi que pour les députés du Conseil législatif (LegCo), le parlement hongkongais. Actuellement, le numéro un de Hong Kong est nommé par un collège électoral largement acquis à Pékin tandis que seule la moitié des députés sont élus au suffrage direct. En vertu d'un accord signé avec Londres lors de la rétrocession, Hong Kong jouit d'une « large » autonomie, disposant de ses propres gouvernement et parlement, mais le pouvoir central chinois garde en réalité la main haute sur les affaires locales. La loi fondamentale, mini-constitution de Hong Kong, prévoit l'instauration à terme du suffrage universel mais sans fixer de délai. Pékin y avait opposé une fin de non recevoir en 2004, au moins en ce qui concerne les prochaines échéances électorales de 2007 et 2008. Le défilé a cette année reçu le renfort de la très influente Anson Chan, ancienne numéro deux du gouvernement local dont le récent ralliement au combat pour la démocratie défraie la chronique dans la cité financière tout en suscitant l'ire du pouvoir communiste à Pékin. « J'appelle la population à soutenir la démocratie », a-t-elle déclaré en manifestant. « Aussi longtemps qu'il n'y a pas de suffrage universel, nous devons exprimer notre mécontentement. Même si l'économie se porte bien et que Donald (Tsang) est populaire, cela ne signifie pas que les aspirations à la démocratie disparaîtront », a estimé le président du Parti démocrate, Lee Wing-tat.
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