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Tôt ou tard, il faudra prendre des décisions quant aux types
d'énergie alternative qu'il convient de développer. Nombreux sont ceux
qui incitent les gouvernements à opter pour l'hydrogène, y compris
Jeremy Rifkin, fondateur et président de la Foundation on Economic
Trends aux États-Unis et qui fut un temps conseiller de Romano Prodi,
ancien président de la Commission.
Selon M. Rifkin, le monde
est à la veille d'une révolution industrielle déclenchée par le
développement de l'hydrogène et de formes avancées de communication.
«L'histoire montre que les grandes révolutions industrielles
surviennent lors de la convergence de nouveaux systèmes énergétiques et
de nouveaux systèmes de communication», a déclaré M. Rifkin, qui
s'adressait à des journalistes au Parlement européen le 4 octobre 2006.
La première révolution industrielle a été générée par de
nouvelles technologies impliquant le charbon et l'acier au moment où la
presse écrite prenait son essor, tandis que la deuxième est attribuable
à la découverte du pétrole et du téléphone, a affirmé M. Rifkin, auteur
de dix-sept ouvrages publiés sur l'impact des changements scientifiques
et technologiques.
L'hydrogène peut être utilisé en combinaison
avec d'autres formes alternatives d'énergie et il peut regrouper et
stocker ce que celles-ci fournissent. Cependant, les technologies
relatives à l'énergie renouvelable ne sont pas toujours fiables, car
elles reposent sur des facteurs environnementaux (soleil, vent,
vagues).
«L'Europe recèle d'énormes possibilités d'énergie
renouvelable, mais celles-ci sont disparates. Or, l'hydrogène peut
stocker toutes ces formes différentes d'énergie renouvelable. Des
réseaux électriques intelligents, actuellement testés dans la Silicon
Valley, aux États-Unis, pourraient être utilisés pour distribuer
l'énergie. Ces réseaux pourraient être employés à la manière
d’Internet, a expliqué M. Rifkin. Cela représente une possibilité de
génération d'une troisième révolution industrielle», a-t-il ajouté.
Une
fois opérationnel, un tel système permettrait à chaque localité de
subvenir à ses propres besoins et aussi, bien sûr, de réduire les
émissions. Il ne manque plus désormais que la volonté de le mettre en
oeuvre. «Les prochains mois seront décisifs quant à savoir si l'Europe
veut être pionnière dans ce domaine et développer une stratégie de
sortie de l'ère pétrolière», a déclaré M. Rifkin.
En fait,
l'Europe prévoit investir davantage dans la recherche sur l'hydrogène.
Au titre du sixième programme-cadre (6e PC), l'UE a déjà soutenu de
nombreux projets d'étude des différents aspects de la création d'une
économie de l'hydrogène, ainsi une plate-forme technologique sur
l'hydrogène et les piles à combustible a été créée.
Le budget
énergétique du septième programme-cadre (7e PC), qui devrait démarrer
le 1er janvier 2007, a été augmenté substantiellement et il est
probable que la recherche sur l'hydrogène en sera l'un des
bénéficiaires.
Plusieurs eurodéputés ont instamment demandé, le
4 octobre 2006, à ce que la recherche sur l'hydrogène soit le principal
bénéficiaire du volet «énergie» du financement du 7e PC.
L'eurodéputé
socialiste belge et ancien commissaire de l'UE à la recherche, Philippe
Busquin, a insisté sur cette question : «Il faut que nous affirmions
notre volonté que la majeure partie du budget énergétique du 7e PC soit
allouée à l'hydrogène. Il ne devrait y avoir aucune réticence face à la
nécessité de soutenir cette position en ce qui concerne le 7e PC.»
L'eurodéputé
libéral italien, Vittorio Prodi, a exprimé son soutien en déclarant :
«Nous sommes ici pour manifester le soutien du Parlement à la
plate-forme technologique sur l'hydrogène et les piles à combustible et
je voudrais confirmer l'engagement du Parlement en faveur d'une société
de l'hydrogène. Je suis convaincu de la nécessité d'aller de l'avant
dans ce domaine.»
Les eurodéputés, Jo Leinen et Umberto
Guidoni, représentant respectivement le groupe socialiste et le groupe
de la gauche unitaire, se sont également exprimés en faveur de
l'hydrogène.
M. Leinen a souligné que l'UE a débuté en 1956 sous
le signe de l'énergie (charbon et acier) et M. Guidoni a expliqué que
l'hydrogène avait favorisé son voyage dans l'espace lors de sa
précédente carrière d'astronaute.
S'exprimant ultérieurement à
l'occasion de l'ouverture de l'assemblée annuelle de la plate-forme
technologique européenne sur l'hydrogène et les piles à combustible, le
commissaire en charge de la science et de la recherche, Janez Potocnik,
a fait l'éloge du partenariat public-privé sur lequel est basée la
plate-forme et s'est dit optimiste quant à l'avenir. «Nous pouvons
identifier et surmonter les obstacles à la mise en oeuvre de cette
technologie dans toutes ses très nombreuses applications. Nous pouvons
nous attaquer aux goulots d'étranglement de la technologie, renforcer
la sensibilisation et l'appréciation du public, résoudre les questions
de sécurité et établir des normes pouvant garantir que la technologie
développée en Europe sera utilisée non seulement ici, mais dans le
monde entier», a-t-il déclaré. Pour tout renseignement
complémentaire sur la plate-forme technologique sur l'hydrogène et les
piles à combustible, consultez ce site |