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Nasrallah se montre en public et nargue Israël |
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Écrit par Rita Daou, Agence France-Presse
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22-01-2008 |
Des partisans du Hezbollah participent à un rassemblement à l’occasion de la fête chiite d’Achoura à Beyrouth, Liban, le 19 janvier 2008. (Joseph Barrak/AFP/Getty Images) BEYROUTH – Le chef du Hezbollah chiite libanais, Hassan Nasrallah, a affirmé être en possession des restes de soldats israéliens tués lors de la guerre de 2006, à l'occasion de sa première sortie publique en plus d'un an le 19 janvier 2008.
«L'armée israélienne a laissé derrière elle les restes de corps d'un grand nombre de soldats», a dit cheikh Nasrallah à l'occasion de la commémoration de l'Achoura chiite, dans la banlieue sud de Beyrouth, en référence au conflit qui a opposé son mouvement et l'État hébreu du 12 juillet au 14 août 2006.
«Nous avons des têtes, des mains, des pieds et nous avons un cadavre presque complet de la tête jusqu'au bassin. Qu'a dit l'armée israélienne à la famille de ce soldat?», a-t-il ajouté.
À Jérusalem, la chaîne 10 de la télévision israélienne (privée), citant des sources militaires, a cependant affirmé que la totalité des dépouilles des soldats israéliens tués au Liban avaient été rapatriées.
L'armée israélienne, de même que le bureau du premier ministre Ehud Olmert, interrogés par l'AFP, se sont refusés à réagir aux propos de M. Nasrallah.
En octobre 2007, Israël avait remis un prisonnier et les dépouilles de deux militants du Hezbollah contre les restes d'un Israélien et des informations sur le pilote israélien disparu au Liban en 1986, Ron Arad.
Le conflit de 2006, déclenché après la capture par le Hezbollah de deux soldats israéliens à la frontière israélo-libanaise, s'est achevé par une trêve négociée sous les auspices de l'ONU.
Il a fait plus de 1200 morts au Liban, en majorité des civils, et 160 du côté israélien, pour la plupart des soldats.
«Si Israël lance une nouvelle guerre contre le Liban, nous lui promettons une guerre qui changera la face de toute la région, avec l'aide de Dieu», a mis en garde le chef du puissant parti chiite que l'armée israélienne n'avait pas réussi à vaincre en 2006.
«Les Israéliens n'ont pas un commandement politique et militaire [efficace] pour lancer une guerre contre le Liban mais, s'ils le font, la résistance est prête» à y faire face, a-t-il ajouté.
M. Nasrallah s'est joint par surprise aux commémorations de l'Achoura dans la banlieue sud de Beyrouth, sa première sortie publique en plus d'un an.
Il est apparu entouré d'un imposant dispositif de sécurité, provoquant un déchaînement de la foule qui criait : «Mon Dieu, protégez Nasrallah» et «Nous sommes à tes ordres Nasrallah» ou «Mort à l'Amérique, mort à Israël». Le chef du Hezbollah s'est en revanche isolé pour prononcer son discours, diffusé sur écran géant.
Menacé de mort par l'État hébreu, il avait évité jusque-là de participer à des commémorations religieuses ou des rassemblements politiques, prononçant ses discours à la télévision d'un lieu tenu secret.
Cette sortie publique survient alors que le Liban est plongé dans une grave crise politique opposant la majorité antisyrienne soutenue par l'Occident à l'opposition menée par le Hezbollah et appuyée par Damas et Téhéran.
M. Nasrallah a critiqué les pays arabes engagés dans une médiation entre les camps rivaux.
«Je suis surpris d'entendre les leaders arabes parler de majorité et de minorité et de démocratie au Liban […] alors que leurs régimes ne connaissent ni majorité, ni minorité, ni démocratie», a-t-il dit, émettant l'espoir que l'initiative arabe «parvienne aux résultats escomptés».
Il a aussi insisté sur la demande de l'opposition qui veut disposer d'un tiers de blocage au sein du prochain gouvernement, ce que rejette la majorité Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, tente de faire accepter par les camps rivaux un plan qui prévoit l'élection «immédiate» du chef de l'armée Michel Sleimane à la présidence, puis la formation d'un gouvernement d'union nationale. Le Liban est sans président depuis le 24 novembre.
M. Nasrallah a enfin critiqué la politique américaine au Proche-Orient, affirmant qu'elle servait les intérêts «de l'entité cancéreuse», en allusion à Israël.
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