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Barack Obama veut réconcilier l'Amérique avec elle-même |
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Écrit par Alain Jean-Robert, Agence France-Presse
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28-01-2008 |
Barack Obama, candidat démocrate à la présidence des États-Unis, s’adresse à ses partisans après sa victoire en Caroline du Sud. (Emmanuel Dunand/AFP/Getty Images) COLUMBIA (États-Unis) – Le jeune sénateur noir de l'Illinois, Barack Obama, 46 ans, vainqueur haut la main, le 26 janvier dernier, des primaires démocrates de Caroline du Sud (sud-est) grâce au vote noir, va affronter des épreuves plus difficiles alors que la campagne entre dans sa phase nationale à la veille du «méga-mardi» du 5 février.
M. Obama se devait de remporter la Caroline du Sud s'il voulait conserver intactes ses chances dans la course à l'investiture. Vainqueur des caucus de l'Iowa le 3 janvier, M. Obama avait dû concéder la victoire à sa grande rivale, Hillary Clinton, cinq jours plus tard dans le New Hampshire, puis de nouveau dans le Nevada, le 19 janvier.
À l'issue de sa victoire, Barack Obama a balayé les critiques «des cyniques qui croient que ce qui a commencé dans les neiges de l'Iowa était juste une illusion».
Il a remporté la primaire de cet État du Sud avec 55 % des voix contre 27 % pour Mme Clinton et 18 % pour John Edwards.
Obama a bénéficié d'un fort soutien de la communauté noire, obtenant 81 % de son vote, qui constitue plus de la moitié des électeurs démocrates dans cet État.
Lui qui avait évité jusqu'à présent de faire de la couleur de sa peau un sujet de campagne, en avait appelé directement aux électeurs noirs de cet État, évoquant à maintes reprises la figure de Martin Luther King.
Mais, le 26 janvier, il a tenu à se présenter à nouveau d'abord comme un rassembleur au nom «de la coalition d'Américains la plus diversifiée qu'on ait vue depuis longtemps».
«Il y a des jeunes et des anciens, des riches et des pauvres. Il y a des Noirs et des Blancs, des Latinos, des Asiatiques et des Indiens», a-t-il lancé.
Alors que le 5 février, 22 États, dont la Californie, New York et le Massachusetts, vont se prononcer dans la course à l'investiture des candidats, M. Obama a admis devant ses partisans que «le changement que l'on cherche ne va pas être facile». Il a évoqué, sans nommer sa rivale Hillary Clinton, les forces de «statu quo» que représente selon lui l'ex-première dame américaine.
Né en 1961 à Hawaï, de la brève union d'un étudiant kényan et d'une mère blanche originaire du Midwest, élevé en Indonésie et au Kansas, diplômé en droit de la prestigieuse université Harvard, M. Obama offre une image d'élégance intellectuelle et de droiture qui n'arrive cependant pas à masquer son inexpérience politique.
Mais, conscient de cette faiblesse, largement exploitée par ses rivaux, il se présente avant tout comme le candidat du «changement» et de «l'espoir». Le titre de son dernier livre, L'audace de l'espoir, résume son programme.
Sénateur depuis 2005 (c'est le seul sénateur noir des États-Unis), il n'a pas eu à se prononcer sur la guerre en Irak, un atout face à Hillary Clinton. Il rappelle qu'il s'est opposé à cette guerre depuis son commencement et il demande le retrait des soldats américains.
Le destin de M. Obama a basculé en juillet 2004. Lorsqu'il est monté sur la scène de la convention démocrate à Boston, Barack Hussein Obama n'était alors qu'un élu local au «nom bizarre» – comme il s'en amuse lui-même – qui cherchait à devenir sénateur des États-Unis. Il en est redescendu trente minutes plus tard sous les ovations des délégués conquis par son discours.
«Il n'y a pas une Amérique de gauche et une Amérique conservatrice, il y a les États-Unis d'Amérique», avait-il dit.
Aucune manifestation raciste n'a été à déplorer durant la campagne. M. Obama bénéficie cependant d'une protection inhabituelle, à ce stade de la campagne, du Secret Service (le service de protection de la présidence des États-Unis et des hauts diplomates étrangers en visite) dont les agents l'accompagnent dans tous ses déplacements.
Selon des médias américains, cette protection serait motivée par une série de courriels racistes envoyés à son adresse électronique au Sénat. Son équipe refuse de parler de ce sujet.
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