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Le style Sarkozy de plus en plus incompris en Allemagne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Agence France-Presse   
29-01-2008
Le président français, Nicolas Sarkozy,
Le président français, Nicolas Sarkozy, transporte sur ses épaules le fils de sa nouvelle copine, l’ex-top modèle italienne devenue chanteuse, Carla Bruni. La presse allemande tire à boulets rouges sur le style de Sarkozy, jugé éclaté et exhibitionniste. La popularité du président est également affectée en France par cette démarche peu orthodoxe de surexposer sa vie privée et de profiter publiquement de cadeaux d’amis richissimes. (Salah Malkawi/Getty Images)
BERLIN – D'abord simplement étonnée par le style de Nicolas Sarkozy, un violent contraste avec la réserve d'Angela Merkel, la presse allemande se montre de plus en plus virulente et agacée par le président français.

Après son installation à l'Élysée, les journaux allemands avaient reproché au président français de tirer la couverture à lui sans grand ménagement pour Berlin, en particulier dans les affaires européennes. Mais ils avaient aussi publié des éditoriaux louangeurs ou envieux sur son dynamisme, sa manière de briser les tabous et sa nouvelle perception des problèmes.

Depuis la fin de l'année, la balance a nettement basculé du côté des opinions défavorables. Dès lors que sa relation avec Carla Bruni fait la une des journaux européens, la presse allemande l'accuse d'instrumentaliser sa vie sentimentale, quelque chose d'incongru et d'immoral pour elle.

Le sérieux quotidien conservateur Die Welt juge que le choix de la «nonchalance» par Nicolas Sarkozy se retourne contre lui. «Le ridicule qui tue : ce principe s'est révélé dangereux pour plus d'un monarque dans l'histoire de la France», rappelle-t-il.

Le tout puissant hebdomadaire Der Spiegel, réputé pour ses charges contre la «Grande nation», a publié la semaine dernière un long brûlot sur l'hôte de l'Élysée, annoncé en page de une sous le titre L'affaire d'État Sarkozy/Bruni, l'érotisme du pouvoir. Mélange de sexe, de politique et de soap.

Tout en reconnaissant des avancées dans la modernisation de la société française, le magazine se montre sans merci pour le système Sarkozy.

La France, «une démocratie? S'imagine-t-on, l'espace d'une seconde, la chancelière allemande se laisser payer ses vacances à Ischia, avec [son mari] Joachim Sauer, par Tchibo [une chaîne de distribution]... Combien de temps encore Merkel resterait-elle en fonctions?», s'interroge le magazine.

Selon Der Spiegel, la France, pays de la révolution, régresse dans «une forme bizarre de restauration», et rappelle le rôle des maîtresses des rois dans l'ancien régime français.

Selon lui, la classe politique allemande, après avoir plaisanté gentiment sur le «président Duracell», commence à s'inquiéter alors que Nicolas Sarkozy doit assumer au 1er juillet, pour six mois, la présidence de l'Union européenne.

Parmi les sujets d'irritation figure notamment le projet d'Union méditerranéenne, qui, poursuit le magazine, «n'a quasiment aucune chance de réussir» en raison des oppositions entre Maroc et Algérie ou Israël et Syrie.

Les médias allemands avaient rendu compte avec une ironie très critique de la visite à Paris du numéro un libyen Mouammar Kadhafi. Ils se sont fait l'écho d'autres sujets d'irritation comme les frictions économiques et la problématique nucléaire, et en particulier la vente de centrales nucléaires civiles à des pays arabes dans un contexte géopolitique instable.

Au journal Süddeutsche Zeitung qui l'interrogeait sur «le caractère quelque peu imprévisible et erratique» du président, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a répondu que Nicolas Sarkozy était «énergique» et pratiquait «une politique de l'initiative qu'a pratiquée très souvent l'Allemagne».

Malgré les irritations, le bon fonctionnement de la coopération multiforme franco-allemande est confirmé par les experts et responsables français et allemands.

Et Bernard Kouchner d'inviter les responsables allemands à se détendre : il faut, pour négocier avec Sarkozy, «premièrement de l'humour, deuxièmement de l'humour, troisièmement du sérieux».




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