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Les «grands médias» accusés de museler la liberté d'expression |
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Écrit par Joan Delaney, La Grande Époque – Victoria
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01-02-2008 |
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Une publicité humoristique d’Adbusters. On peut y lire : Impotence absolue. La boisson «augmente les désirs mais réduit la performance» - William Shakespeare. (Adbusters Media Foundation) Le groupe anti-consumérisme Adbusters poursuit en justice plusieurs médias canadiens
L'organisation à l'origine de la Journée sans achat, de la Semaine sans télévision et de la Journée mondiale sans voiture s'attaque maintenant aux grandes entreprises médiatiques.
Adbusters Media Foundation, un réseau mondial de militants pour la liberté d'expression et contre le consumérisme, poursuit en justice CanWest Global, la Canadian Broadcasting Corporation (CBC), le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) et le gouvernement canadien pour défendre son droit de diffuser ce qu'elle considère comme des publicités d'intérêt public.
Le 7 janvier 2008, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a entendu les arguments des différentes parties pour déterminer si le procès, ayant débuté en 2004, peut se poursuivre.
En cause, affirme Adbusters (Casseurs de pub), est le droit des citoyens canadiens d'avoir «l’occasion de prendre connaissance d’opinions divergentes sur des sujets qui les intéressent», tel que stipulé par la Loi sur la radiodiffusion du Canada.
«Nous voulons diffuser des messages concernant certaines des plus importantes questions de notre époque – comme l'obésité, la guerre et la concentration des médias – et certaines de nos publicités veulent répliquer à certaines très grandes entreprises qui, selon nous, déforment notre société», plaide Kalle Lasn de Vancouver, fondatrice d’Adbusters.
Depuis plus de dix ans, Adbusters essaie d’acheter des spots publicitaires chez les grands réseaux, mais il se voit systématiquement refusé par les directeurs, le plus souvent sans raison. Ceci équivaut à de la censure et au musellement de la liberté d’expression, déplore Mme Lasn.
«Quatre-vingt-dix pourcent du temps, ils refusent pour la raison qu’ils croient que cela va affecter leurs activités commerciales, car très souvent nos publicités répliquent aux chaînes de malbouffe, à la surconsommation et à l’industrie automobile.»
Les diffuseurs sont peu enclins à vendre du temps d’antenne à Adbusters, selon Mme Lasn, à cause de ce qui est arrivé quand les publicités sur le tabac ont été retirées il y a une trentaine d’années.
L’apparition au petit écran d’annonces publicitaires chocs antitabac a annoncé la fin des publicités pour le tabac à la télévision, et les diffuseurs ont perdu des millions de dollars en revenus.
Selon Mme Lasn, n’importe quel citoyen canadien devrait avoir le droit d’aller à sa chaîne de télévision locale et de payer pour un temps d’antenne de 30 secondes si c’est dans l’intérêt du public.
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