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Des avancées technologiques menacent la vie privée |
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Écrit par Joan Delaney, La Grande Époque – Victoria
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02-02-2008 |
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«Nous partageons une frontière, donc il y a beaucoup de pression politique», admet Janina Kon. Néanmoins, elle ne voit pas une telle législation s’implanter au Canada.
«Il y a beaucoup moins d’appui au Canada pour sacrifier la vie privée au nom de la sécurité, et le gouvernement en est conscient, donc il y aura des contrôles plus sévères au Canada selon moi.»
Le rapport de Privacy International critique la Grande-Bretagne pour son projet d’introduire un système d’identité qui sera «le plus invasif au monde», par ses caméras de surveillance omniprésentes, par un manque de transparence, etc. Les résultats de 2007 démontrent une tendance à la hausse chez les gouvernements de recueillir des données sur les communications et les rapports géographiques et financiers de tous leurs citoyens.
«Ceci mène à la conclusion que tous les citoyens, peu importe leur statut légal, sont considérés comme suspects.» Ian Kerr, président de la Chaire de recherche du Canada en éthique, droit et technologie de la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa, explique que les inquiétudes concernant l’effritement de la vie privée vont en augmentant avec le développement des systèmes informatiques et des bases de données.
Toutefois, dans l’intérêt de la sécurité de l’État, des événements, comme celui du 11-septembre, peuvent faire que l’information dans de telles bases de données devienne accessible et soit utilisée pour des raisons autres que leur objectif de collecte initiale.
«C’est définitivement vrai que nous vivons dans ce que l’on conçoit comme une société basée sur le risque, où nous arrangeons la structure de notre société autour des risques et donc la rhétorique dominante fait qu’on entend souvent que la sécurité doit prévaloir sur la vie privée», élabore M. Kerr.
Actuellement, le gouvernement canadien évalue de nouvelles lois afin de ratifier la Convention européenne sur la cybercriminalité qui pourrait affaiblir la protection de la vie privée, mentionne M. Kerr.
Une des lois qui «sera vraisemblablement proposée» ordonnerait à tous les fournisseurs de services de télécommunications d’introduire une fonctionnalité d’interception ou une «porte arrière» dans leurs technologies de manière à augmenter les capacités des autorités à recueillir des informations lors d’enquêtes, explique Ian Kerr.
Ceci pourrait, dans certaines circonstances, permettre à la police d’intercepter des communications sur Internet. Une telle loi permettrait également aux autorités d’ordonner aux fournisseurs de services Internet de fournir le nom et l’adresse d’un individu sans injonction.
Privacy International, pour qui la vie privée est considérée comme un droit de l’homme, estime que les avancées technologiques et la mondialisation de l’information ont pour effet de créer des «sociétés de surveillance qui favorisent un environnement hostile pour la vie privée».
«Il n’y a aucun doute qu’il y a toutes sortes de surveillances ayant cours», remarque Ian Kerr. «Il y a toutes sortes de manières de recueillir de l’information et, en ce moment, la loi n’est pas claire sur ce qui est légal et illégal, donc vous pouvez vous imaginer que les entreprises du secteur privé repoussent les limites.»
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