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Pourquoi Obama battrait McCain |
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Écrit par Gabriel Aubry Gayón, La Grande Époque - Montréal
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05-02-2008 |
En avant-plan, les sénateurs McCain et Obama s’adressent quelques mots lors d’un débat télévisé le 5 janvier 2008. En arrière-plan : Giuliani et Edwards qui se sont tous les deux retirés de la course dernièrement. (Chip Somodevilla/Getty Images)
Alors que le Super Tuesday se déchaîne sur la moitié des États américains, une certaine portion du peuple américain pourra choisir deux visions qui risqueront de dominer la politique américaine pour les quatre prochaines années. Chez les démocrates et républicains, les deux candidats qui peuvent fort bien remporter l’investiture de leur parti sont Barack Obama et John McCain.
Obama a explosé sur la scène politique américaine, en 2004, avec un message d’unité et d’espoir lors de la convention démocrate. Il a le vent dans les voiles depuis. Il mise sur sa capacité de provoquer un changement à Washington et de briser les clivages politiques qui divisent les États-Unis. McCain, 72 ans, est un vieux loup de la politique et un vétéran respecté de la guerre du Vietnam. Il s’est présenté contre George W. Bush en 2000 et on connaît la suite. Les rumeurs indiquent qu’après l’élection de Bush, McCain était prêt à devenir indépendant ou même à se retrouver au sein des démocrates. McCain n’est donc pas très apprécié par la base conservatrice du Parti républicain et encore moins depuis qu’il a reçu le soutien du New York Times, un bastion de la gauche libérale américaine. Il s’agit d’une sorte de cadeau empoisonné.
Sa candidature mise principalement sur son expérience en politique étrangère et sur le rôle qu’il a joué dans l’implantation du «nouveau plan» pour sécuriser l’Irak, auquel il attribue la baisse de la violence dans la région.
Advenant un possible duel entre ces deux géants, à moins que des erreurs importantes ne se produisent dans le clan Obama, le candidat noir tiendrait le long bout du bâton.
Avant que la campagne de salissage de «Billary» rappelle à tous les électeurs que leur rival s’appelle Barack Hussein Obama, qu’il est noir et que sa campagne est un «conte de fée», Obama était vu comme un candidat qui inspirait l’unité plutôt que la division. Bill Clinton a comparé sa victoire en Caroline du Sud à celle de Jesse Jackson, un candidat noir différent sur tous les plans. La campagne Clinton a trop tenté de le couler sans le laisser tomber par son propre poids. Cela a créé un effet boomerang indésirable pour la sénatrice de New York. Depuis la dernière semaine, la campagne de Hillary a pu museler son mari, probablement trop tard pour sauver les meubles brûlés.
Ces commentaires risquent de se dissiper dans la brume dans les prochaines semaines. La victoire surprenante d’Obama en Iowa démontre bien qu’il est capable d’attirer le vote blanc.
Avec l’appui du sénateur Edward Kennedy et de la fille de JFK, Caroline Kennedy, Obama peut se vanter d’avoir de forts appuis dans l’establishment démocrate. La tendance indique que les appuis dont bénéficie Obama se multiplient à l’intérieur de son parti ainsi que chez les médias, qui le vénèrent religieusement.
Des pots cassés McCain est le seul républicain actuellement à avoir une chance de briguer la présidence. Il fait toutefois face à plusieurs grands obstacles : le charisme d’Obama, la sympathie qu’ont les électeurs républicains pour le candidat noir, les problèmes d’unité, d’enthousiasme et de financement au parti républicain, et son âge qui se rapproche davantage de celui du pape. Il a du pain sur la planche.
Il devra donc trouver une façon de motiver la base de son parti qui ne l’appuie pas, et d’attirer des électeurs indépendants qui penchent actuellement vers Obama.
L’expérience versus le changement Hillary a tenté, au début de sa campagne, de miser sur son expérience pour contrer les idées de changement de Barack Obama. Cela n’a pas fonctionné. Elle a depuis calqué son message sur «le changement à travers l’expérience».
McCain est de loin le candidat le plus expérimenté des deux partis. Ce dernier devra se contenter de peser son expérience contre le changement qu’offre Obama. Mais il se trouve devant un dilemme : les Américains veulent un changement et c’est précisément ce qu’offre Obama depuis son entrée sur la scène politique américaine.
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