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Avec les élections, Mugabe porte un coup fatal à la médiation sud-africaine |
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Écrit par Agence France-Presse
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06-02-2008 |
Robert Mugabe, le vieux dirigeant du Zimbabwe au pouvoir depuis 1980, assistant au sommet de l’Union africaine en Éthiopie, le 31 janvier 2008. (Jose Cendon/AFP/Getty Images) PRETORIA - Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a porté un coup sans doute fatal à la médiation sud-africaine dans ce pays en crise en convoquant, le 29 mars prochain, des élections présidentielle et législatives sans l'accord de l'opposition.
«La décision de Mugabe de fixer unilatéralement une date pour les élections va sans aucun doute compliquer le processus de médiation. Il est même possible que ce soit son arrêt de mort», estime Dirke Kotze, analyste de l'Université d'Afrique du Sud (UNISA).
«C'est une insulte au président [sud-africain Thabo] Mbeki et un camouflet à l'opposition», ajoute-t-il.
Le président Mbeki a été chargé en avril par ses pairs de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) de faciliter le dialogue entre gouvernement et opposition au Zimbabwe, sur les conditions du scrutin notamment.
L'ancienne Rhodésie britannique, dirigée par Mugabe et son parti Zanu-PF depuis l'indépendance en 1980, est plongée dans un marasme économique sans fond, avec une hyperinflation estimée à 50 000 %, doublé d'une crise politique.
En mars 2007, le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) avait été passé à tabac par la police après son interpellation lors d'un rassemblement interdit, soulevant les protestations de pays occidentaux.
Le président Mugabe, qui aura 84 ans prochainement, «a toujours traité le Zimbabwe comme son fief personnel», affirme l'analyste politique sud-africain Xolela Mangcu. «Sa dernière décision démontre que Mbeki n'est pas parvenu à le faire changer d'attitude.»
Mbeki respecte un scrupuleux silence public sur les déboires du Zimbabwe, ancien pays du Front contre le régime d'apartheid en Afrique du Sud. Une fois de plus, il s'est tu après l'annonce, le 1er février, de la date des élections.
Même le vice-ministre des Affaires étrangères, Aziz Pahad, très proche du chef de l'État, a refusé d'indiquer si le président Mbeki avait été au moins prévenu.
«Je ne veux pas m'aventurer sur le terrain du Zimbabwe en ce moment», a-t-il dit devant la presse à Pretoria. «Ces pourparlers sont très sensibles. Je préfère laisser parler le président.»
En dépit des affirmations de Mbeki, il y a plus de deux semaines à Harare, selon lesquelles les négociations ont enregistré de «bons progrès», l'opposition exprime de plus en plus ouvertement sa frustration.
Aussi le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, n'a-t-il pas hésité à qualifier l'annonce de la date des élections de «gifle» infligée aux efforts de médiation du Sud-Africain.
Une opinion que partage aussi le directeur du Conseil sud-africain de recherche en sciences humaines, Adam Habib. «Cela va sans aucun doute faire dérailler la médiation et saper la position de Mbeki en tant que médiateur. C'est une attaque directe de Mugabe contre Mbeki.»
La très critiquée «diplomatie silencieuse» menée par l'Afrique du Sud, qui accueille quelque 3 millions de réfugiés zimbabwéens, «n'a clairement pas fonctionné», estime Mangcu. «Il est temps d'adopter une nouvelle approche du problème zimbabwéen.»
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