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Tchad : la situation se normalise, les rebelles en route vers le sud |
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Écrit par Jean-Pierre Campagne, Agence France-Presse
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12-02-2008 |
Des Tchadiens traversent le pont Ngueli à la frontière entre le Cameroun et leur pays, retournant chez eux après avoir fui les combats dans la capitale N’Djamena. (Pascal Guyot/AFP/Getty Images) N'DJAMENA – La situation tendait à se normaliser au Tchad, une semaine après les violents combats entre rebelles et armée qui ont secoué la capitale, même si une importante colonne rebelle toujours en mouvement vers le sud du pays continuait de laisser planer une menace pour le pouvoir.
Preuve d'un retour progressif à la normale, la circulation a été autorisée le 10 février devant la présidence de la République, haut lieu de la résistance acharnée du chef de l'État Idriss Deby Itno, face aux vagues d'assaut des rebelles pendant 48 heures.
«Hier encore, des chars nous empêchaient de passer à partir du rond-point de la Justice», explique Ali, un automobiliste.
Le vaste palais présidentiel, qui fait face à la cathédrale, est cependant sous la garde des combattants de l'Armée nationale tchadienne (ANT) postés tout au long des grilles, et juchés à l'arrière de pick-up remplis de munitions.
Dans les rues ensablées par l'harmattan, les habitants, principalement à pied, reprennent possession de leur capitale, passant, l'air indifférent, devant des magasins explosés d'un tir de roquette, incendiés, pillés. Sur l'avenue Mobutu, gît la carcasse du char T-55 de l'ANT, touché par les rebelles pendant les combats.
N'Djamena renaît peu à peu, vidée des rebelles qui sont cependant toujours signalés en mouvement, comme une menace qui pèse encore sur Idriss Deby.
L'importante colonne de rebelles stationnée ces derniers jours à Mongo, capitale de la région du Guéra, à 400 km à l'est de N'Djamena, se dirige maintenant vers le sud, ont indiqué, le 10 février, des sources militaires.
«[Environ] 150 à 200 véhicules de rebelles ont quitté Mongo le 9 février et se dirigent en direction d'Am Timan, vers le sud et la zone des trois frontières», a précisé cette source.
La région où se rejoignent les frontières tchadiennes, soudanaises et centrafricaines «est considérée comme une zone de non-droit, c'est-à-dire que les passages entre les pays ne sont pas contrôlés», a indiqué une autre source militaire.
Les rebelles avancent lentement, «en ordre, et bien organisés. Ils sont chassés par l'ANT», ont ajouté ces sources.
L'ANT, renseignée par les militaires français de l'opération Épervier en vertu de l'accord de coopération technique et militaire, semble vouloir suivre les rebelles sans trop les serrer de près dans l'intention de choisir le moment où elle les attaquera, estiment ces sources militaires.
«Le temps joue pour Deby, les rebelles commencent peut-être à manquer de carburant, de munitions, d'alimentation. Peut-être cherchent-ils une porte de sortie», ajoutent-elles.
Côté rebelle, l'analyse est à l'opposé. «Nous essayons une nouvelle stratégie, nous les éloignons loin de leurs bases pour les étirer», a déclaré, le 10 février, à la presse leur porte-parole Abderaman Koulamallah, joint par téléphone satellitaire.
«Un hélicoptère de l'armée nous a tiré dessus, mais il ne nous a pas atteints», a-t-il ajouté.
En quittant Mongo, les rebelles ont pillé la ville pour se réapprovisionner, indiquent les sources militaires.
Autre signe d'un retour à la normale, la compagnie aérienne Air France a décidé de rouvrir sa liaison avec Paris à partir du 12 février.
Par ailleurs, quelque 12 000 personnes ont fui le Darfour soudanais pour se rendre au Tchad voisin, dans la région de Birak (sud-est), après une série d'attaques les 8 et 9 février commises par l'armée soudanaise et les miliciens Janjawid, a indiqué le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) le 10 février dernier.
Plus de 240 000 Soudanais du Darfour sont déjà réfugiés au Tchad, dans douze camps.
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