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Les pays du G7 craignent un ralentissement de leur économie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Roland de Courson et Véronique Dupont, Agence France-Presse   
14-02-2008
Les ministres des Finances des pays du G7 à Tokyo
Les ministres des Finances des pays du G7 à Tokyo : le Canadien James Flaherty, la Française Christine Lagarde, l’Allemand Peer Steinbruck, le Japonais Fukushiro Nukaga, l’Italien Tommaso Padoa Shioppa, le Britannique Alistair Darling, l’Américain Henry Paulson et Jean-Claude Juncker de l’Eurogroupe. (Yoshikazu/AFP/Getty Images)
TOKYO – Les responsables des Finances des sept pays les plus riches ont estimé, le 9 février dernier, que leur économie allait subir à court terme un ralentissement, les États-Unis écartant cependant toute récession de la première économie mondiale.

«Dans toutes nos économies, à différents degrés, la croissance devrait ralentir à plus ou moins court terme», ont averti les ministres des Finances et les directeurs des banques centrales dans un communiqué commun publié à l'issue d'une réunion à Tokyo.

L'environnement économique mondial est «plus difficile et incertain» que lors de la dernière réunion en octobre, ont jugé les grands argentiers du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie et Canada).

«Aux États-Unis, la croissance de la production et de l'emploi a ralenti considérablement et les risques se sont accrus», ont-ils ajouté.

Le marché immobilier résidentiel américain devrait notamment subir «une plus ample détérioration», craint le G7.

Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, s'est toutefois dit «confiant pour la bonne santé à long terme de l'économie des États-Unis» et s'attend à ce qu'elle «continue à croître en 2008». «Si vous êtes en croissance, vous n'êtes pas en récession, n'est-ce pas?», a-t-il lancé aux journalistes, en réponse aux questions sur des risques de récession.

Pour faire face à cette mauvaise conjoncture, les pays du G7 se disent prêts à «prendre les actions appropriées, individuellement ou collectivement, de façon à assurer la stabilité et la croissance de [leurs] économies» et celle des marchés financiers, sans cependant fournir d'exemples concrets.

La ministre française de l'Économie, Christine Lagarde, s'est réjouie qu'après le «diagnostic» établi au G7 Finances de Washington, celui de Tokyo ait lancé un «plan d'action».

Le communiqué demande par ailleurs aux banques de déclarer de quelle façon elles sont touchées par la crise des crédits immobiliers à risques américains subprime, insistant sur «l'importance pour les institutions financières de dévoiler entièrement et rapidement leurs pertes» ainsi que la valorisation des créances à risques dont elles disposent encore.

Ces efforts de transparence doivent s'accompagner «de mesures pour renforcer leur base capitalistique si nécessaire», ont estimé les membres du G7.

Selon eux, de telles mesures joueront «un rôle important pour réduire les incertitudes, améliorer la confiance et rétablir le fonctionnement normal des marchés» en pleine tourmente depuis l'éclatement de la crise l'été dernier.

Le G7 a également appelé «les pays producteurs de pétrole à augmenter leur production», afin de freiner l'envolée actuelle des cours du brut qui aggrave les risques de récession.

Les ministres des Finances ont enfin appelé la Chine à «accélérer» l'appréciation du yuan, «au vu de la hausse de son excédent des comptes courants et de son inflation».

Le communiqué final n'a fait en revanche aucune référence au niveau du yen, du dollar ou de l'euro, qui a frôlé, il y a huit jours, ses sommets historiques.

Les pays de la zone euro souhaitaient que le G7 s'alarme de la chute continuelle du dollar face à la devise européenne, qui pénalise les exportateurs du vieux continent.

Les frictions autour des taux de change se sont toutefois atténuées depuis que la Banque centrale européenne (BCE) a semblé ouvrir la voie le 7 février à une baisse de ses taux directeurs. Cela a eu pour effet immédiat une détente de l'euro face au dollar, bien que la BCE ait maintenu son principal taux directeur inchangé à 4 %.

Son gouverneur, Jean-Claude Trichet, a réaffirmé, le 9 février, qu'il n'écartait aucune possibilité entre baisse et hausse des taux d'intérêt. «Il n'y a pas eu d'appel à une hausse des taux, mais il n'y a pas non plus eu d'appel à une baisse des taux», a-t-il souligné.




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